Programme scientifique
Du 17 au 19 octobre – Tadoussac
Des conférenciers de marque nous partagent leur passion et leur engagement
Programme scientifique
DES CONFÉRENCIERS DE MARQUE NOUS PARTAGENT LEUR PASSION ET LEUr engagement

Mercredi 17 octobre

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DÈS 15h

 

Arrivée des participants

Installation des affiches et kiosques
Salle Saint-Laurent de l’hôtel Tadoussac
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19h À 21h

 

Le forum sur l’avenir du béluga, 30 ans plus tard • ouvert au grand public

Bélubar → Événement rassembleur ouvert au grand public
La population du béluga du Saint-Laurent est sous observation depuis plus de 30 ans. Aux premières loges pour constater le déclin de cet animal emblème du parc marin du SaguenaySaint-Laurent, les scientifiques tracent le bilan de la situation et cherchent des avenues qui permettraient de rehausser le niveau de protection de cette population unique au Québec. Ils ont envie de partager leurs connaissances et de discuter des enjeux qui les préoccupent, en toute convivialité.
Nos invités pour cette rencontre exceptionnelle sont :
→ Stéphane Lair, Faculté de médecine vétérinaire (Université de Montréal)

Stéphane Lair est vétérinaire et professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal depuis 2001. Au cours de sa carrière, il a été impliqué dans de nombreux projets touchant à la santé de la faune. Il est le directeur régional pour le Québec du Réseau canadien pour la santé de la faune. Le Dr Lair est impliqué dans le programme de pathologie des bélugas du Saint-Laurent depuis qu’il a fait sa résidence en pathologie de la faune dans les années 90. Au cours des années, il a réalisé plus d’une centaine d’examens postmortem de béluga du Saint-Laurent. Il est présentement en charge de ce programme qui a généré une des plus longues séries de données ininterrompues sur les mortalités dans une population de cétacés.

Véronique Lesage, Pêches et Océans Canada (MPO)

Véronique Lesage est chercheur à Pêches et Océans Canada. Elle est responsable du programme de recherche sur les cétacés en péril pour la région du Québec. Véronique a effectué ses premiers travaux sur les bélugas du Saint-Laurent en 1990, il y a près de 30 ans donc, en examinant l’effet des traversiers et des petites embarcations sur leur comportement vocal. Après quelques années passées à étudier les phoques communs durant son doctorat, elle est revenue pleinement vers la recherche sur les cétacés dans le cadre de son poste actuel. Depuis maintenant 18 ans, elle travaille à mieux comprendre l’écologie des espèces en péril comme le béluga, le rorqual bleu, la baleine noire et le rorqual commun, mais aussi les menaces qui pèsent sur eux. Elle s’intéresse notamment à leur comportement alimentaire, leurs mouvements, leur reproduction, mais aussi aux effets du bruit ou des activités d’observation en mer sur leur capacité à mener normalement leurs activités. Elle est régulièrement appelée à émettre des opinions expertes sur les mesures pouvant atténuer les effets de projets de développement sur les bélugas et les autres espèces en péril. Elle est l’auteur de plusieurs revues sur le béluga, notamment celle publiée récemment et qui revoit l’efficacité des mesures de rétablissement mises en place pour le béluga et qui propose des actions alternatives pour mieux atteindre cet objectif.

→ Nadia Ménard, Parcs Canada, Parc marin du Saguenay Saint-Laurent (PMSSL)

Nadia Ménard est biologiste en conservation pour Parcs Canada au parc marin du Saguenay—Saint-Laurent. À la fin de son baccalauréat en biologie en 1990, elle est embauchée par Pêches et Océans Canada pour étudier les poissons sur le Saguenay, une expérience marquante pour cette Saguenéenne d’origine. Après un passage à la Réserve de Parc National de l’Archipel-de-Mingan, elle est embauchée en 1992 comme garde de parc au parc marin. Nadia y occupe un poste de biologiste depuis 1998. Cette même année, elle termine une maitrise en biologie sur les bancs de poissons pélagiques dans l’aire d’alimentation des baleines au parc marin. Au cours de sa carrière, la majorité des études auxquelles elle a participé ont contribué à mettre en place des mesures de conservation à l’égard des principales activités se déroulant dans le parc marin, notamment les activités d’observation des mammifères marins, le transport maritime, la pêche blanche sur le fjord du Saguenay et la pêche à l’oursin. Les vingt dernières années lui auront permis de collaborer à plus d’une cinquantaine de projets de recherche dans la région du parc marin, portant sur diverses composantes des écosystèmes marins et les activités humaines.  Elle a également été chargée de projet sur la définition du Règlement sur les activités en mer et sur l’élaboration du Guide des pratiques écoresponsable pour l’observation des baleines. Elle est présentement chargée de projet d’une initiative visant à rehausser la conservation des habitats des mammifères marins au parc marin selon une approche de planification de l’espace maritime. Après plus de 25 ans de carrière, elle a acquis une grande expérience en recherche scientifique appliquée et en gouvernance, ayant travaillé avec une diversité d’usagers pour définir des mesures de conservation en milieu marin.

→ Robert Michaud, Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)

Robert Michaud est président et membre fondateur du GREMM, une OBNL fondée en 1985 et basée à Tadoussac, dédiée à la recherche scientifique sur les baleines du Saint-Laurent et à l’éducation pour la conservation du milieu marin. Robert a complété sa maîtrise à l’Université Laval avec Cyrille Barrette. En tant que directeur scientifique du GREMM, il y dirige des programmes de recherche à long terme sur les bélugas et les grands rorquals de l’estuaire du Saint-Laurent et accueille régulièrement des étudiants de deuxième et troisième cycle. Ces projets couvrent plusieurs aspects de l’écologie comportementale de ces espèces. Leurs résultats servent entre autres à évaluer l’impact des activités humaines sur les mammifères marins et sont à la base de plusieurs initiatives de conservation. Robert est coordonnateur du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, et une multi-organisationelle mise sur pied par le GREMM pour soutenir la recherche et la conservation dans le Saint-Laurent.

Animé par France Beaudoin, journaliste à la Semaine Verte

Journaliste à l’émission d’affaires publiques La Semaine Verte depuis 2007, France Beaudoin cumule près de 30 ans d’expérience en journalisme et animation à Radio-Canada et à RDI en Saskatchewan, à Ottawa, à Montréal et à Québec. Elle a fait ses études en droit et en communication publique.
En 2012, elle réalise un documentaire de 2 heures sur l’état de santé du fleuve St-Laurent: « Le Saint-Laurent, un géant fragile ».
Ce documentaire a remporté l’Astéria d’or aux Deauville Green Award en France en 2013, a été finaliste aux Prix Gémeaux 2012 dans 2 catégories, soit « meilleur documentaire nature et sciences » et « meilleure recherche affaires publiques » et a été en nomination en 2013 à l’Association for International Broadcasting Awards de Londres dans la catégorie « meilleur documentaire d’affaires publiques », ainsi qu’à l’édition 2013 du New-York Film Festival dans la catégorie « documentaire environnement et écologie ».

Jeudi 18 octobre

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8h30 À 8h45

 

Ouverture du colloque et mot de bienvenue

 

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8h45 À 9h30

 
Émilien pelletier → Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent : Création et gestion participative inédite au Canada

8h15 à 8h30

Résumé

Bernard Maltais1 et Émilien Pelletier2

1 Retraité de Parcs Canada

2 Institut des sciences de la mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

 

La création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent a été le résultat d’un long et parfois difficile processus impliquant au premier chef les communautés locales, les intervenants régionaux, les communautés autochtones ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada. Cette conférence retrace les premières propositions d’un parc de conservation au Saguenay, les implications citoyennes pour la protection de la population de bélugas (Delphinapterus leucas), les négociations intergouvernementales, les consultations publiques sur les limites du parc et l’adoption des lois miroirs menant à l’établissement du parc marin sur une superficie de 1245 km2, un territoire couvrant la plus grande partie du fjord du Saguenay et la moitié nord de l’estuaire du Saint-Laurent, entre Gros cap à l’Aigle et Les Escoumins. Ce qui apparaissait comme une utopie au début des années 1970 est devenu, 45 ans plus tard, une réalité bien tangible contribuant efficacement à la conservation d’une vaste zone marine fortement anthropisée. Les collectivités locales, les représentants régionaux et les environnementalistes accompagnent encore aujourd’hui le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent dans sa démarche de protection des ressources et d’offre de services. Depuis les premières consultations publiques portant sur les limites du parc de 1990, les plans directeurs successifs, leur contribution ne s’est jamais démentie. Le modèle de gestion partenariale développée et mise en œuvre par les gouvernements du Canada et du Québec s’avère encore aujourd’hui un exemple de processus de convergence d’intérêts divergents pour la protection de la nature et de ses ressources.

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9h30 à 9h50

 
Érik Langevin → Sept millénaires de navigation sur la rivière Pitchitaouichetz (Saguenay). Sommaire des connaissances archéologiques du fjord du Saguenay

9h30 à 9h50

Résumé

Érik Langevin1 et Noémie Plourde1

1Laboratoire d’archéologie, Université du Québec à Chicoutimi(UQAC), Chicoutimi (Qc)

Jusqu’en 1996, on s’est interrogé sur le rôle joué par le Bas-Saguenay au temps de la Paléohistoire. Alors que de nombreux sites archéologiques étaient connus dans les secteurs de Tadoussac et du Lac-Saint-Jean, la portion de la rivière Saguenay entre les deux demeurait une énigme. Depuis 1996, les choses ont bien changé, au point où aujourd’hui on sait que ce territoire fut abondamment fréquenté pendant environ 8000 ans. En effet, des sites découverts en deux points précis du fjord ont livré des milliers de vestiges archéologiques de différentes natures permettant de mieux comprendre le quotidien de ceux qui fréquentèrent les lieux lors de la Paléohistoire.​

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9h50 à 10h10

 
Peter Galbraith → Circulation et renouvellement des masses d’eau du fjord du Saguenay

9h50 à 10h10

Résumé

Peter S. Galbraith1, Daniel Bourgault2 et Mélany Belzile2,3

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)
2Institut des sciences de la mer de Rimouski, Rimouski (Qc)
3Institut Océanographique de Bedford, Pêches et Océans Canada, Dartmouth (N.-É.)

La circulation de renouvellement des eaux du fjord du Saguenay est examinée à la lumière de nouvelles données océanographiques. Nous avons observé une nouvelle signature de renouvellement en température et salinité occasionnée par la crue printanière, ainsi que le remplacement d’une grande partie des eaux du fjord en moins de 2 mois, confirmant le faible temps de résidence de ces eaux. Un instrument déployé pour mesurer la température et la salinité des eaux à l’entrée du fjord nous a permis de les identifier comme étant principalement des eaux de l’estuaire du Saint-Laurent. Les eaux mesurées dans le premier bassin du fjord à marée basse étaient un mélange des eaux du seuil de salinité parmi les plus faibles observées pendant un cycle de marées, avec des eaux de surface du Saguenay. Ce mélange occasionne ensuite le renouvellement des eaux supérieures et intermédiaires du bassin interne du fjord. La plage de salinité des eaux au seuil correspond assez bien aux eaux qu’on trouve 100 km plus loin dans l’estuaire du Saint-Laurent entre 20 et 70 m. Les variations synchrones de salinité à 100 km et au seuil suggèrent un mouvement vertical simultané des eaux dans tout l’estuaire qui serait déterminant pour le type et la vitesse de renouvellement du fjord du Saguenay.

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10h10 à 10h30

 

Pause café

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10h30 à 10h50

 
François bolduc → Le suivi des oiseaux marins et de la sauvagine à l’intérieur du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

10h30 à 10h50

Résumé

François Bolduc1, Christine Lepage1 et Jean-François Rail1

1 Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Québec (Qc)

Le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent présente un intérêt certain pour la sauvagine, puisqu’il est fréquenté au fil des saisons par des centaines de milliers d’individus. Certaines espèces ne font qu’y passer en migration, tandis que d’autres y restent pour plusieurs mois. Par exemple, on retrouve en été les eiders à duvet (Somateria mollissima) pour la nidification et des milliers de macreuses (Melanitta spp.) pour la mue, alors que les garrots (Bucephala spp.) les fréquentent en hiver. Dans l’aire de coordination du parc marin du SaguenaySaint-Laurent, on compte 27 sites abritant des colonies d’oiseaux marins, incluant plus de 23 000 couples nicheurs appartenant à huit espèces. Le goéland argenté (Larus argentatus) et le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus), de par leur abondance et leur répartition, sont les deux espèces les plus représentatives. Quatre espèces sont tout près de la limite amont de leur aire de répartition. Les effectifs de la plupart des espèces ont fluctué depuis le milieu des années 1970, mais apparaissent maintenant relativement stables. Deux tendances plus récentes apparaissent cependant : la multiplication rapide du guillemot marmette (Uria aalge) et le déclin du guillemot à miroir (Cepphus grylle). Des études de suivi télémétriques indiquent que les petits pingouins (Alca torda) et les guillemots à miroir nichant sur les îles de l’estuaire fréquentent les eaux du Parc marin pour s’alimenter. Ces oiseaux se retrouvent particulièrement entre l’île aux fraises et l’île aux lièvres, mais aussi dans les eaux peu profondes au sud de la batture aux Alouettes.

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10h50 à 11h10

 
Clément Chion → Atténuer les impacts du transport maritime sur les mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Fjord du Saguenay : co-construction et science au cœur de la solution

10h50 à 11h10

Résumé

 

Clément Chion1, Samuel Turgeon2, Guy Cantin3, Robert Michaud4, Nadia Ménard2, Véronique Lesage3, Lael Parrott5, Pierre Beaufils2, Yves Clermont3 et Caroline Gravel6

1Département des Sciences naturelles, Université du Québec en Outaouais, Gatineau (Qc)

2Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

3Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

4Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Québec (Qc)

5Departments of Earth, Environmental and Geographic Sciences and Biology, University of British Columbia, Kelowna (C-B)

6Sécurité et sûreté maritimes, Transports Canada, Ottawa (On)

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent chevauche les habitats estivaux de plusieurs espèces de mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Fjord du Saguenay. Parmi elles, le rorqual commun possède le statut « préoccupant » selon la Loi sur les espèces en péril du Canada tandis que le rorqual bleu et la population de bélugas du Saint-Laurent sont désignés « en voie de disparation ». Le trafic maritime représente plusieurs menaces pour le rétablissement de ces espèces parmi lesquelles figurent les collisions, le bruit et le dérangement. Afin d’atténuer les impacts des navires marchands sur les grands rorquals et les bélugas, le groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins (G2T3M) a été créé en 2011. Cette table de concertation regroupe des représentants de l’industrie maritime, du secteur public, d’organisations non-gouvernementales et du milieu académique concernés par les impacts du transport maritime sur les mammifères marins. En 2012, les membres du G2T3M ont co-construit et évalué les impacts de 10 scénarios d’atténuation des risques de collisions entre navires et grands rorquals. Suite aux recommandations du G2T3M, des mesures volontaires de conservation ont été mises en place dès 2013, réduisant jusqu’à 40% les risques de collisions mortelles. Les travaux du G2T3M et les résultats obtenus seront présentés en mettant l’emphase sur les facteurs de succès de cette approche volontaire ainsi que sur les défis rencontrés et les pistes de solutions. La problématique de la réduction du bruit sous-marin à l’agenda du G2T3M sera également abordée.

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11h10 à 11h30

Yvan Simard → Un programme de recherche majeur sur l’effet du bruit de la navigation sur le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent

11h10 à 11h30

Résumé

Yvan Simard1, 2, Véronique Lesage1, Nathalie Roy1, Florian Aulanier1, 2, Line Bourdages1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Dans le cadre du Plan de Protection des Océans, le Ministère des Pêches et des Océans a entrepris un programme de recherche quinquennal sur les effets du bruit de la navigation sur le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent. Ses trois volets incluent une cartographie du bruit sous-marin, afin de connaître quels sont les niveaux de bruit, en trois dimensions, en tout temps sur un cycle annuel complet, et à toutes les fréquences acoustiques utilisées par les bélugas dans leurs fonctions vitales de communication et d’écholocation. Un observatoire acoustique comptant dix stations d’enregistrement a été déployé par l’équipe en juin dernier pour réaliser les mesures et une modélisation simultanée du bruit rayonné par les navires en transit est en cours. Le second volet vise à connaître la distribution horizontale et verticale des bélugas au cours de l’année. Des recensements aériens à différentes périodes de l’année ainsi que des séries de détections et localisations de leurs vocalisations aux dix stations de l’observatoire acoustique fourniront cette information. Le troisième volet combinera l’information des deux premiers volets et celle d’expériences sur des bélugas équipés de balises acoustiques, pour déterminer à quels niveaux de bruit et pendant quelle proportion de temps les animaux sont exposés dans les différentes parties de leur habitat. Ces résultats serviront à cartographier la qualité acoustique de leur environnement, à déterminer les probabilités d’impact sur cette population, ainsi qu’à supporter la mise en œuvre de mesures de mitigation.

 

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11h30 à 11h50

 
Marie-Julie Roux → Enjeux et stratégies vers une utilisation durable des ressources halieutiques dans l’estuaire et le Golfe St-Laurent

11h30 à 11h50

Résumé

 

Marie-Julie Roux1, Stéphane Plourde1, Daniel Duplisea1, Hugues Benoît1, Hugo Bourdages1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli, QC.

L’écosystème estuaire-golfe St-Laurent connait des changements importants en termes de conditions océanographiques et communautés biologiques. Ces changements remettent en cause la validité des méthodes scientifiques utilisées pour informer la gestion durable des ressources halieutiques, ainsi que l’efficacité des mesures de gestion et de protection. La prise en compte des facteurs écosystémiques et environnementaux dans les processus d’évaluation des stocks est nécessaire afin d’assurer une utilisation durable des ressources halieutiques et permettre aux différents intervenants de la gestion, de l’industrie et des communautés côtières, de mieux s’adapter et planifier leurs activités en fonction des changements dans l’état de l’écosystème. Cette présentation fera un survol des changements observés dans l’estuaire et le golfe St-Laurent, des enjeux et conséquences potentielles de ces changements pour les évaluations de stock et la gestion des ressources, et discutera des initiatives en cours visant à opérationnaliser une approche écosystémique d’évaluation et intégrer les considérations relatives au changement climatique dans la formulation des avis scientifiques pour la gestion.

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11h50 à 13h30

 

Dîner buffet à l’hôtel Tadoussac • inclus dans l’inscription

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13h30 à 14h50

 

Session de conférences simultanées • Salles Marie-Clarisse et Tadoussac

SAlle Marie-Clarisse

 

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13h30 à 13h50

Salle Marie-Clarisse
Gesche Winkler → L’importance écologique de la zone de transition de l’estuaire du Saint-Laurent : du plancton aux poissons

13h30 à 13h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Gesche Winkler1, Jory Cabrol1, Lucie Vanalderweireldt², Jean-Baptiste Favier1, Laurence Forget-Lacoursière², Pascal Sirois²

1 Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

² Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Qc)

Nous passons en revue les recherches démontrant l’importance écologique de la zone de transition estuarienne (ZTE) du Saint-Laurent. Le réseau trophique de l’ETZ est organisé longitudinalement à travers les forts gradients environnementaux. Une biomasse élevée de phytoplancton est observée à la tête de la ZTE, supportant un stock élevé de zooplancton qui alimente les larves et juvéniles des nombreuses espèces de poissons, dont l’éperlans arc-en-ciel, le poulamon atlantique et plus récemment la population réintroduite de bar rayé.  Le copépode Eurytemora affinis domine la communauté zooplanctonique qui permet un transfert d’énergies vers les niveaux trophiques supérieurs. E. affinis est en réalité un complexe d’espèces cryptiques composé de 6 clades morphologiquement similaires, mais possédant des histoires évolutives distinctes. Dans l’ETZ, 2 clades (E. carolleeae et E. affinis clade nord-atlantique) coexistent, mais spatialement ségrégués. Chacune semble exploiter différents types d’habitats en fonction de leur tolérance physiologique et de la disponibilité de nourriture. E. carolleeae est principalement présente dans les eaux douces de la ZTE avec des densités similaires à celles des cladocères, une autre proie importante. Cependant, E. affinis montre des densités beaucoup plus élevées au centre de la ZTE, offrant de meilleures conditions d’alimentation potentielles. Nous discutons les résultats sur la répartition du zooplancton, la différentiation génétique et écologique en liens avec la qualité d’habitat pour les larves et juvéniles des trois espèces de poissons. La biodiversité cryptique pourrait également fournir un certain degré de résilience de l’écosystème face aux problématiques lié aux changements climatiques comme la modification de l’hydrodynamisme.

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13h50 à 14h10

Salle Marie-Clarisse
Jory Cabrol → Le Krill un acteur trop souvent oublié en conservation et pourtant si important

13h50 à 14h10 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Jory Cabrol1, Réjean Tremblay1; Christian Nozais2; Michel Starr3; Stéphane Plourde³, Gesche Winkler 1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2 Université du Québec à Rimouski (UQAR), Département de biologie, Rimouski (Qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent (EGSL), le krill représente une des principales espèces fourragères supportant de nombreuses espèces d’intérêts écologiques, économiques et de conservations, telles que la baleine bleue. Néanmoins, peu d’informations existent sur l’écologie des trois espèces dominantes de krill (Meganictyphanes norvegica, Thysanoessa inermis et Thysanoessa raschii) qui coexistent dans l’EGSL. Nous discuterons les résultats issus d’un projet de doctorat portant sur l’évolution de la condition physiologique et du comportement trophique de ces 3 espèces dans l’EGSL. L’analyse des réserves énergétiques a permis de mettre en évidence la présence de différentes stratégies pour faire face aux variations environnementales. M. norvegica, moins riche en lipides, semblent s’alimenter tout au long de l’année sur le zooplancton, alors que Thysaonessa spp. accumulent ses lipides de réserve du printemps à l’été, en s’alimentant sur différentes proportions de phyto- et de zooplancton, pour les consommer durant l’hiver. De plus, M. norvegica semble beaucoup plus sensibles aux fluctuations environnementales que Thysanoessa spp. ce qui pourrait à terme affecter le transfert d’énergie vers les niveaux trophiques supérieurs. Enfin, l’analyse détaillée du régime alimentaire de chaque espèce a permis de démontrer la présence d’une ségrégation trophique à très fine échelle, malgré la présence d’un chevauchement trophique au printemps. Les résultats présentés permettront de mieux comprendre le rôle du krill dans l’écosystème Saint-Laurent, et aussi mieux prédire les changements trophiques susceptibles d’influencer leur condition physiologique et donc les flux d’énergies vers les niveaux trophiques supérieurs.

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14h10 à 14h30

Salle Marie-Clarisse
Laurence Lévesque → Émergences, aires de concentration et croissance des larves de hareng atlantique (Clupea harengus) dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent

14h10 à 14h30 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Laurence Lévesque1, Gesche Winkler2, Patrick Ouellet3, Catherine Couillard3, Nadia Ménard1

1 Parc marin du Saguenay─Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (QC)

2 Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (QC)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (QC)

 

L’estuaire moyen est un milieu foisonnant de vie et une pouponnière pour de nombreuses espèces aquatiques ainsi qu’aviaires. On y retrouve entre autre des frayères importantes pour le hareng atlantique (Clupea harengus), bien fréquentées par les unités reproductives du printemps et de l’automne provenant du sud du Golfe du Saint-Laurent. L’unité du printemps a connu un déclin important depuis le début des années 2000, et aucune étude n’a été effectuée sur le statut du hareng de l’estuaire moyen depuis deux décennies. Ainsi, un échantillonnage a été effectué à l’été 2014 pour vérifier si la distribution spatio-temporelle des aires de frai et de rétention est restée comparable à celle décrite il y a 20 ans, évaluer le nombre de cohortes produites, leurs abondances relatives et la persistance des larves de hareng dans l’aire d’étude. Un second objectif était d’explorer les différences de taux de croissance entre les cohortes en lien avec les variations de température et/ou autres facteurs (ie.: abondance de proies). Les résultats ont révélés une distribution spatio-temporelle inchangée des aires de frai ainsi que de la rétention larvaire dans l’aire d’étude. Par contre, plus de cohortes ont été observées durant l’été, un résultat non démontré dans les études précédentes. La longueur des larves à l’émergence, le taux de croissance et la condition somatique variaient entre différentes cohortes, une variation causée par une différence de température. Ces résultats appuient une recommandation de zone de protection marine de l’estuaire moyen du Saint-Laurent entre mai et octobre, période de fraie et de rétention larvaire du hareng atlantique.

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14h30 à 14h50

Salle Marie-Clarisse
Pascal Sirois → Le retour du bar rayé du Saint-Laurent

14h30 à 14h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Pascal Sirois1, Michel Legault2, Eliane Valiquette2, Lucie Vanalderweireldt1, Laurence Forget-Lacoursière1, William Fortin, Karine Gagnon4, Marc Mingelbier2 et Gesche Winkler3

1Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, département des sciences fondamentales, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Chicoutimi (Qc)

2Direction générale de l’expertise sur la faune et ses habitats, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec (Qc)

3Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

4Direction de la gestion de la faune du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Jonquière (Qc)

Le bar rayé est un poisson anadrome de la côte Est de l’Amérique du Nord important pour la pêche récréative et commerciale. La population du fleuve Saint-Laurent s’est éteinte au cours des années 1960 probablement en raison des effets cumulatifs de la destruction des habitats essentiels dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent et de la surpêche. Depuis 2002, un programme d’ensemencement de larves et juvéniles a été initié par le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Au cours des dernières années, on a observé des signes concrets de rétablissement de cette population et des évidences de reproduction en milieu naturel. Néanmoins, des travaux récents indiquent que la nouvelle population se répartit et utilise des habitats dans le fleuve, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et dans le fjord du Saguenay se distinguant des observations faites sur la population ancestrale. Nos travaux de recherche visent à documenter l’écologie des larves, des juvéniles et des adultes de bar rayé de la nouvelle population du Saint-Laurent. Nous présenterons les connaissances scientifiques à jour sur la répartition de tous les stades de vie dans le système Saguenay – Saint-Laurent, leur alimentation, leur croissance et l’utilisation des habitats. Nous présenterons également le chevauchement de la nouvelle population du Saint-Laurent avec la population du sud du Golfe du Saint-Laurent qui se reproduit dans la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick.

SAlle Tadoussac

 

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13h30 à 13h50

Salle Tadoussac
Marie Guilpin → De quelles densités de krill le rorqual bleu a-t-il besoin dans le Saint-Laurent?

13h30 à 13h50 Salle Tadoussac

Résumé

Marie Guilpin1,2, Véronique Lesage1, Ian McQuinn1, Jeremy Goldbogen3, Jean Potvin4, Thomas Doniol-Valcroze5, Tiphaine Jeanniard du Dot1, Robert Michaud6, Michel Moisan6 & Gesche Winkler2

1 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2 Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

3 Hopkins Marine Station, Stanford Université, Pacific Grove, Californie USA

4 Saint-Louis University, Saint Louis, Missouri, USA

5 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Nanaimo (Bc)

6 Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), Tadoussac (Qc)

Les espèces ont besoin d’énergie pour survivre, croître et se reproduire. Les  rorquals bleus du nord-ouest Atlantique visitent l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent de manière saisonnière afin de profiter des pics de productivité zooplanctonique, notamment de krill, sa proie principale. En effet, les rorquals bleus en profitent pour stocker de grandes quantités de gras et d’énergie qui leur serviront pour survivre et se reproduire dans des zones plus propices pendant l’hiver. À l’aide d’archiveurs de données déployés temporairement sur 11 rorquals bleus dans l’estuaire du Saint-Laurent, nous avons pu étudier leur comportement de plongée. Nous avons calculé les coûts énergétiques associés à l’alimentation et estimé les densités de krill nécessaires pour contrebalancer ces coûts énergétiques selon différentes efficacités d’alimentation. Les densités de krill estimées ont été comparées à celles obtenues indépendamment lors de relevés hydroacoustiques couplés à des observations de surface de rorquals bleus. Les résultats indiquent que les rorquals bleus requièrent des densités de krill plus élevée que la moyenne afin de stocker de l’énergie. Les patchs de krill étudiés n’offrent qu’une possibilité relativement limitée de stocker de l’énergie dans le Saint-Laurent. Ces résultats mettent en lumière l’importance pour les rorquals bleus de trouver des densités de krill élevée pour survivre et se reproduire. Cette étude permet de mieux identifier les habitats favorables au rorqual bleu et servira à prédire les effets du climat et de la variabilité naturelle de l’abondance du krill affectant l’efficacité d’alimentation sur la condition physique et les fonctions vitales de cette espèce en voie de disparition.

 

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13h50 à 14h10

Salle Tadoussac
Yvan Simard → Une décennie de suivis acoustiques continus des rorquals bleus, des rorquals communs et du krill dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent de 2007 à 2017

13h50 À 14h10 Salle Tadoussac

Résumé

Yvan Simard1, 2 et Nathalie Roy1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Pour suivre la fréquentation du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent par le rorqual bleu (Balaenoptera musculus) et le rorqual commun (Baleanoptera physalus) ainsi que la concentration de leur nourriture, le krill, un observatoire acoustique a été opéré de 2007 à 2017 à l’est du parc. L’information nouvelle qu’apportent ces séries temporelles décennales montre que: a) la présence des rorquals est relativement stable, et que les deux espèces ont visité la région chaque année, particulièrement dans la 2e moitié de l’an, jusqu’à l’apparition des glaces; b) les dates de début et de fin varient, et cette fréquentation saisonnière est plus intense tard en automne qu’au cours de l’été, alors que l’écotourisme d’observation des baleines bat son plein; c) la concentration de krill est élevée mais subit d’importantes fluctuations sur de courtes périodes, sans lien particulièrement fort avec des forçages physiques ou biologiques de plus d’un jour, tel celui des marées semi-mensuelles, d’après les analyses de rythmes effectuées. La concentration quotidienne de krill à l’observatoire était élevée (50 % du temps supérieure à 176 t/km2), très variable, et tendait vers un maximum de la mi-décembre à la mi-février. Dans un contexte de réchauffement planétaire, la présence hivernale des rorquals pourrait se prolonger si la période englacée diminue.

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14h10 à 14h30

Salle Tadoussac
Nadia Ménard → Suivi des proies pélagiques des cétacés dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

14h10 À 14h30 Salle Tadoussac

Résumé

Nadia Ménard1, Samuel Turgeon1, Louis Bertnatchez2 et Ian McQuinn3

1 Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

2 Institut de Biologie Intégrative et des Systèmes (IBIS), Université Laval, Québec (Qc)

3Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est une aire d’alimentation pour plusieurs espèces de cétacés, dont le béluga (Delphinapterus leucas), le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata), le rorqual commun (Balaenoptera physalus), le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae) et le rorqual bleu (Balaenoptera musculus). Les changements dans l’abondance et l’assemblage des espèces des rorquals, qui supportent les activités d’observation des baleines, ont mis en lumière le besoin de faire un suivi systématique à haute résolution et à long terme des proies afin de mieux comprendre les raisons de la forte variabilité observée. Depuis 2009, un relevé hydroacoustique hebdomadaire des proies pélagiques est effectué au parc marin afin de mieux comprendre les facteurs environnementaux qui font varier les proies et l’influence de cette variabilité sur les différentes espèces de cétacés. Le suivi est effectué le long de transects, principalement à la tête du chenal Laurentien, à l’aide d’un système hydroacoustique multifréquences (38, 120 et 200 kHz), simultanément à un protocole d’observation des prédateurs. Afin de classifier les échos au niveau de l’espèce (krill nordique (Meganyctiphanes norvegica) ou krill arctique (Tysanoesssa raschii)) ou groupe d’espèces (poissons avec ou sans vessie natatoire), un gabarit de classification basé sur les rapports de fréquences a été défini. De nombreux résultats sur la disponibilité des proies en lien avec la présence des cétacés seront présentés afin de mieux comprendre la dynamique prédateurs-proies dans le parc marin. Finalement, des résultats préliminaires sur l’utilisation exploratoire de l’ADN environnementale pour identifier la composition spécifique des bancs de poissons détectés par hydroacoustique seront présentés.

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14h30 à 14h50

Salle Tadoussac
Francis Lapointe → Le PMSSL dans l’œil de la baleine : de Moby Dick aux bélugas

14h30 à 14h50 Salle Tadoussac

Résumé

Francis Lapointe1

1 Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

« Dieu créa les grandes baleines et tous les êtres vivants qui glissent et qui grouillent dans les mers. » Genèse, cinquième jour.

La portée métaphysique du livre de Melville est bien connue. Celui-ci raconte la quête du capitaine Achab pour un cachalot blanc, nommé Moby Dick, qui le mènera, lui et son équipage, à sa perte. Pour Melville, ce Cachalot symbolise les limites que l’homme ne doit pas transgresser, car on ne peut contempler l’essence divine et Achab mourra de l’avoir tenté. Pour Melville, malgré qu’il donne moult détails sur la chasse à la baleine de l’époque, il s’agit donc de montrer qu’en dépit de tous les moyens d’investigations dont l’homme dispose, il ne pourra jamais cerner ce qu’est la baleine. La baleine métaphorise la quête humaine pour la connaissance de l’Absolu, elle incarne la métaphysique. Moby Dick, c’est en quelque sorte le mythe Prométhéen dans lequel la connaissance rend certes l’homme plus libre, mais peut aussi lui donner l’ivresse de croire qu’il est égal aux dieux. Pourtant, vouloir connaître la baleine est l’essence même de la vie, et c’est pourquoi, que l’on soit Achab cherchant Mody Dick, excursionniste à attendre Capitaine Crochet ou scientifiques s’interrogeant sur le béluga, c’est le même désir, la même nécessité qui agit en nous. C’est cette plongée dans l’œil de la baleine, dans la pure blancheur des bélugas, qui nous unis et réunis tous au parc marin.

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14h50 à 15h10

 

Pause café

Session de conférences successives • Salle Marie-Clarisse

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15h10 à 15h30

Salle Marie-Clarisse
Manuela Conversano → Fréquentation de l’embouchure fjord du Saguenay et de la baie Sainte-Marguerite par le béluga et le trafic maritime : 15 ans de suivi au profit de la science et de la conservation

15h10 à 15h30 Salle Marie-Clarisse

Résumé

 

Manuela Conversano1, Samuel Turgeon1, Nadia Ménard1

1Parc marin du Saguenay−Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

L’embouchure du fjord du Saguenay et la baie Sainte-Marguerite font partie des aires estivales fortement fréquentées par le béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) ainsi que des habitats considérés essentiels pour le rétablissement de cette population en voie de disparition. Le trafic maritime y est également important, particulièrement à l’embouchure du fjord, qui est le secteur où le trafic est le plus intense dans le parc marin. Afin de mieux comprendre l’utilisation des deux secteurs et mettre en place des mesures de gestion visant à réduire le dérangement, Parcs Canada a entrepris un suivi estival pluriannuel. De 2003 à 2017, plus de 6 000 heures d’observation ont été réalisées à partir de la rive entre juin et août principalement. Des informations sur la position et les caractéristiques des groupes de bélugas et des bateaux ont été recueillies à l’aide de jumelles télémétriques, en effectuant des balayages visuels systématiques.

Les résultats ont confirmé des taux de présence élevés des bélugas aux deux sites, avec des fluctuations interannuelles et saisonnières parfois marquées, et une présence importante de jeunes et de veaux dans les troupeaux. Une baisse significative de la proportion de jeunes a été observée depuis 2012. Des patrons d’utilisation en fonction de l’heure du jour et du cycle de marée ont été décelés aux deux sites. Les cooccurrences entre les bélugas et les bateaux ont été quantifiés en fonction des distances et des types d’embarcation pour les deux sites. Ces résultats ont permis l’établissement de mesures de gestion spécifique à ces habitats.

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15h30 à 15h50

Salle Marie-Clarisse
Véronique Lesage → La diète des bélugas de Vladykov à aujourd’hui

15h30 à 15h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

 

Véronique Lesage1, Samuel Turgeon1, Pierre Béland2, Stéphane Lair3

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2 Institut National d’Écotoxicologie du Saint-Laurent, Montréal (Qc)

3 Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal, Saint-Hyacinthe (Qc)

Les bélugas du Saint-Laurent sont en déclin et il existe beaucoup de spéculation quant aux raisons de ce déclin. La contamination du milieu, les changements environnementaux affectant l’abondance relative des proies, ainsi que le bruit chronique sont autant de facteurs invoqués pour expliquer l’état actuel de cette population en danger de disparition. Toutefois, le peu d’information relativement aux habitudes alimentaires des bélugas freine notre compréhension des voies d’entrée des contaminants dans les tissus des bélugas, et prévient l’identification des composantes biologiques essentielles desquelles dépend cette population. Les données concernant la diète du béluga datent des années 1930s, et proviennent principalement d’une région qui n’est plus fréquentée par le béluga. Des espèces comme le calmar et la morue franche qui étaient consommées régulièrement durant les années 1930s sont rares dans les relevés scientifiques, et sont peut-être peu disponibles au béluga à l’heure actuelle. Les vers Nereis et l’anguille d’Amérique, qui étaient abondants dans la diète des années 1930 ou dans l’environnement du béluga, ont été identifié comme des sources principales de contaminants organochlorés comme le mirex et les HAP. Dans ce contexte, même une confirmation des espèces ingérées peut être extrêmement utile pour diriger les efforts de recherche et de conservation.

En utilisant le contenu digestif de 80 bélugas retrouvés morts dans le Saint-Laurent au cours des dernières décennies, nous explorons les tendances dans l’alimentation des bélugas en réponse aux changements profonds qu’a subi le Saint-Laurent. Cette étude démontre que les bélugas peuvent ingérer jusqu’à 11 espèces différentes dans un court laps de temps, et qu’ils consomment toujours les espèces mentionnées ci-dessus, même si leur contribution énergétique ne peut être déterminée. Ces résultats suggèrent que les hypothèses impliquant l’ingestion de calmars, d’invertébrés benthiques et de stocks de poissons qui ont été décimés par la pêche (e.g., morue franche, sébaste, anguille), ne devraient pas être écartée pour comprendre les facteurs affectant cette population.

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15h50 à 16h10

Salle Marie-Clarisse
Sophia Ferchiou → Identification et évaluation des principales proies au sein de la diète récente du béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) à l’aide d’un modèle basé sur les PBDE

15h50 à 16h10  Salle Marie-Clarisse

Résumé

Sophia Ferchiou1, Alain Caron2, Michel Lebeuf3, Youssouf D. Soubaneh2, Richard Saint-Louis2, Jean-Pierre Gagné1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Un taux de mortalité élevé est observé chez la population du béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) malgré les mesures visant à rétablir sa population. Une des principales causes pouvant expliquer cette mortalité élevée est la contamination par les polluants organiques persistants (POP) dont les polybromodiphényléthers (PBDE). L’alimentation du béluga est reconnue comme étant une voie d’exposition importante aux contaminants. Toutefois, peu d’informations sont disponibles par rapport aux proies pouvant constituer une source importante de contamination pour le béluga. La dernière étude basée sur les contenus stomacaux du béluga remonte en 1940. Plusieurs approches ont été développées afin de déterminer la diète récente du béluga, mais ces dernières demeurent incomplètes. La quantification et l’identification des congénères des PBDE présents dans les tissus des bélugas et des proies potentielles, au début de cette contamination environnementale, ont permis d’établir un modèle basé principalement sur les ratios des congénères de PBDE. Notre modèle a permis d’identifier les proies les plus importantes dans la diète récente du béluga et d’évaluer leur rôle comme vecteur de transfert de contamination. Les données du phoque commun (Phoca vitulina concolor) ont servies à valider le modèle. Les résultats montrent que les proies les plus importantes pour le béluga mâle et femelle sont la morue, le lançon et le capelan. Toutefois, ce sont la morue et le sébaste qui représentent les principaux vecteurs de contamination du mammifère marin. Le modèle pourra servir d’outil complémentaire afin de mieux comprendre la diète récente d’autres mammifères en péril en utilisant des contaminants émergents.

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16h10 à 16h30

 
Jonathan Verreault → Les polluants chez le béluga et le petit rorqual du Saint-Laurent : un cocktail toxique qui évolue

16h10 à 16h30  Salle Marie-Clarisse

Résumé

Jonathan Verreault1, Antoine E. Simond1, Alexandre Bernier-Graveline1, Maikel Rosabal1, Magali Houde2, Véronique Lesage3, Robert Michaud4, Dany Zbinden5, Fiona Brinkman6, Caren Helbing7

1 Centre de recherche en toxicologie de l’environnement, Département des sciences biologiques, Université du Québec à Montréal, Montréal (Qc)

2 Environnement et Changement Climatique Canada, Montréal (Qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada , Mont-Joli (Qc)

4 Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), Québec (Qc)

5 Mériscope, Longue-Rive (Qc)

6 Université Simon Fraser, Vancouver (BC)

7 Université Victoria, Victoria (BC)

Malgré tous les efforts déployés pour rendre l’eau du fleuve Saint-Laurent plus propre, le béluga (Delphinapterus leucas) du Saint-Laurent est toujours l’un des mammifères marins les plus contaminés du monde. De récentes études démontrent que le petit rorqual (Balænoptera acutorostrata), qui fréquente les eaux du Saint-Laurent sur une base saisonnière, est aussi fortement contaminé. Parmi ces polluants, on dénombre les retardateurs de flamme PBDE (polybromodiphényléthers) et PCB (polychlorobiphényles) ainsi que d’autres organochlorés (ex. DDE, chlordanes, etc.) qui ont fait l’objet d’interdictions au Canada et à travers le monde. Des résultats préliminaires démontrent des corrélations entre les niveaux de BPC et PBDE et l’expression de gènes impliqués dans la synthèse et l’action d’hormones impliquées dans le contrôle du métabolisme et de la reproduction. Ces résultats ne confirment aucun lien de causalité entre l’exposition à ces substances chimiques et des effets sur la santé de ces baleines, mais soulèvent des pistes d’études à approfondir. Les baleines de cet écosystème vulnérable font aussi face à un nouveau défi : les contaminants émergents. Ceci inclut de nouveaux retardateurs de flamme qui se retrouvent maintenant dans nos canapés, téléviseurs, câblage électrique et matériaux isolants. Toutefois, les connaissances sur le devenir dans l’environnement et la toxicité de ces nouveaux produits chimiques sont encore bien minces. Devrait-on s’inquiéter de leur présence? Cette présentation donnera un bref portrait de la situation actuelle des contaminants chez le béluga et le petit rorqual du Saint-Laurent et de leurs impacts potentiels sur la santé de ces deux espèces emblématiques du PMSSL.

Jeudi 18 octobre

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8h30 À 8h45

 

Ouverture du colloque et mot de bienvenue

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8h45 À 9h30

 
Émilien pelletier → Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent : Création et gestion participative inédite au Canada

8h15 à 8h30

Résumé

Bernard Maltais1 et Émilien Pelletier2

1 Retraité de Parcs Canada

2 Institut des sciences de la mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

 

La création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent a été le résultat d’un long et parfois difficile processus impliquant au premier chef les communautés locales, les intervenants régionaux, les communautés autochtones ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada. Cette conférence retrace les premières propositions d’un parc de conservation au Saguenay, les implications citoyennes pour la protection de la population de bélugas (Delphinapterus leucas), les négociations intergouvernementales, les consultations publiques sur les limites du parc et l’adoption des lois miroirs menant à l’établissement du parc marin sur une superficie de 1245 km2, un territoire couvrant la plus grande partie du fjord du Saguenay et la moitié nord de l’estuaire du Saint-Laurent, entre Gros cap à l’Aigle et Les Escoumins. Ce qui apparaissait comme une utopie au début des années 1970 est devenu, 45 ans plus tard, une réalité bien tangible contribuant efficacement à la conservation d’une vaste zone marine fortement anthropisée. Les collectivités locales, les représentants régionaux et les environnementalistes accompagnent encore aujourd’hui le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent dans sa démarche de protection des ressources et d’offre de services. Depuis les premières consultations publiques portant sur les limites du parc de 1990, les plans directeurs successifs, leur contribution ne s’est jamais démentie. Le modèle de gestion partenariale développée et mise en œuvre par les gouvernements du Canada et du Québec s’avère encore aujourd’hui un exemple de processus de convergence d’intérêts divergents pour la protection de la nature et de ses ressources.

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9h30 à 9h50

 
Érik Langevin → Sept millénaires de navigation sur la rivière Pitchitaouichetz (Saguenay). Sommaire des connaissances archéologiques du fjord du Saguenay

9h30 à 9h50

Résumé

Érik Langevin1 et Noémie Plourde1

1Laboratoire d’archéologie, Université du Québec à Chicoutimi(UQAC), Chicoutimi (Qc)

Jusqu’en 1996, on s’est interrogé sur le rôle joué par le Bas-Saguenay au temps de la Paléohistoire. Alors que de nombreux sites archéologiques étaient connus dans les secteurs de Tadoussac et du Lac-Saint-Jean, la portion de la rivière Saguenay entre les deux demeurait une énigme. Depuis 1996, les choses ont bien changé, au point où aujourd’hui on sait que ce territoire fut abondamment fréquenté pendant environ 8000 ans. En effet, des sites découverts en deux points précis du fjord ont livré des milliers de vestiges archéologiques de différentes natures permettant de mieux comprendre le quotidien de ceux qui fréquentèrent les lieux lors de la Paléohistoire.​

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9h50 à 10h10

 
Peter Galbraith → Circulation et renouvellement des masses d’eau du fjord du Saguenay

9h50 à 10h10

Résumé

Peter S. Galbraith1, Daniel Bourgault2 et Mélany Belzile2,3

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)
2Institut des sciences de la mer de Rimouski, Rimouski (Qc)
3Institut Océanographique de Bedford, Pêches et Océans Canada, Dartmouth (N.-É.)

La circulation de renouvellement des eaux du fjord du Saguenay est examinée à la lumière de nouvelles données océanographiques. Nous avons observé une nouvelle signature de renouvellement en température et salinité occasionnée par la crue printanière, ainsi que le remplacement d’une grande partie des eaux du fjord en moins de 2 mois, confirmant le faible temps de résidence de ces eaux. Un instrument déployé pour mesurer la température et la salinité des eaux à l’entrée du fjord nous a permis de les identifier comme étant principalement des eaux de l’estuaire du Saint-Laurent. Les eaux mesurées dans le premier bassin du fjord à marée basse étaient un mélange des eaux du seuil de salinité parmi les plus faibles observées pendant un cycle de marées, avec des eaux de surface du Saguenay. Ce mélange occasionne ensuite le renouvellement des eaux supérieures et intermédiaires du bassin interne du fjord. La plage de salinité des eaux au seuil correspond assez bien aux eaux qu’on trouve 100 km plus loin dans l’estuaire du Saint-Laurent entre 20 et 70 m. Les variations synchrones de salinité à 100 km et au seuil suggèrent un mouvement vertical simultané des eaux dans tout l’estuaire qui serait déterminant pour le type et la vitesse de renouvellement du fjord du Saguenay.

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10h10 à 10h30

 

Pause café

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10h30 à 10h50

 
François bolduc → Le suivi des oiseaux marins et de la sauvagine à l’intérieur du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

10h30 à 10h50

Résumé

François Bolduc1, Christine Lepage1 et Jean-François Rail1

1 Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Québec (Qc)

Le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent présente un intérêt certain pour la sauvagine, puisqu’il est fréquenté au fil des saisons par des centaines de milliers d’individus. Certaines espèces ne font qu’y passer en migration, tandis que d’autres y restent pour plusieurs mois. Par exemple, on retrouve en été les eiders à duvet (Somateria mollissima) pour la nidification et des milliers de macreuses (Melanitta spp.) pour la mue, alors que les garrots (Bucephala spp.) les fréquentent en hiver. Dans l’aire de coordination du parc marin du SaguenaySaint-Laurent, on compte 27 sites abritant des colonies d’oiseaux marins, incluant plus de 23 000 couples nicheurs appartenant à huit espèces. Le goéland argenté (Larus argentatus) et le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus), de par leur abondance et leur répartition, sont les deux espèces les plus représentatives. Quatre espèces sont tout près de la limite amont de leur aire de répartition. Les effectifs de la plupart des espèces ont fluctué depuis le milieu des années 1970, mais apparaissent maintenant relativement stables. Deux tendances plus récentes apparaissent cependant : la multiplication rapide du guillemot marmette (Uria aalge) et le déclin du guillemot à miroir (Cepphus grylle). Des études de suivi télémétriques indiquent que les petits pingouins (Alca torda) et les guillemots à miroir nichant sur les îles de l’estuaire fréquentent les eaux du Parc marin pour s’alimenter. Ces oiseaux se retrouvent particulièrement entre l’île aux fraises et l’île aux lièvres, mais aussi dans les eaux peu profondes au sud de la batture aux Alouettes.

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10h50 à 11h10

 
Clément Chion → Atténuer les impacts du transport maritime sur les mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Fjord du Saguenay : co-construction et science au cœur de la solution

10h50 à 11h10

Résumé

 

Clément Chion1, Samuel Turgeon2, Guy Cantin3, Robert Michaud4, Nadia Ménard2, Véronique Lesage3, Lael Parrott5, Pierre Beaufils2, Yves Clermont3 et Caroline Gravel6

1Département des Sciences naturelles, Université du Québec en Outaouais, Gatineau (Qc)

2Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

3Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

4Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Québec (Qc)

5Departments of Earth, Environmental and Geographic Sciences and Biology, University of British Columbia, Kelowna (C-B)

6Sécurité et sûreté maritimes, Transports Canada, Ottawa (On)

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent chevauche les habitats estivaux de plusieurs espèces de mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Fjord du Saguenay. Parmi elles, le rorqual commun possède le statut « préoccupant » selon la Loi sur les espèces en péril du Canada tandis que le rorqual bleu et la population de bélugas du Saint-Laurent sont désignés « en voie de disparation ». Le trafic maritime représente plusieurs menaces pour le rétablissement de ces espèces parmi lesquelles figurent les collisions, le bruit et le dérangement. Afin d’atténuer les impacts des navires marchands sur les grands rorquals et les bélugas, le groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins (G2T3M) a été créé en 2011. Cette table de concertation regroupe des représentants de l’industrie maritime, du secteur public, d’organisations non-gouvernementales et du milieu académique concernés par les impacts du transport maritime sur les mammifères marins. En 2012, les membres du G2T3M ont co-construit et évalué les impacts de 10 scénarios d’atténuation des risques de collisions entre navires et grands rorquals. Suite aux recommandations du G2T3M, des mesures volontaires de conservation ont été mises en place dès 2013, réduisant jusqu’à 40% les risques de collisions mortelles. Les travaux du G2T3M et les résultats obtenus seront présentés en mettant l’emphase sur les facteurs de succès de cette approche volontaire ainsi que sur les défis rencontrés et les pistes de solutions. La problématique de la réduction du bruit sous-marin à l’agenda du G2T3M sera également abordée.

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11h10 à 11h30

 
Yvan Simard → Un programme de recherche majeur sur l’effet du bruit de la navigation sur le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent

11h10 à 11h30

Résumé

Yvan Simard1, 2, Véronique Lesage1, Nathalie Roy1, Florian Aulanier1, 2, Line Bourdages1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Dans le cadre du Plan de Protection des Océans, le Ministère des Pêches et des Océans a entrepris un programme de recherche quinquennal sur les effets du bruit de la navigation sur le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent. Ses trois volets incluent une cartographie du bruit sous-marin, afin de connaître quels sont les niveaux de bruit, en trois dimensions, en tout temps sur un cycle annuel complet, et à toutes les fréquences acoustiques utilisées par les bélugas dans leurs fonctions vitales de communication et d’écholocation. Un observatoire acoustique comptant dix stations d’enregistrement a été déployé par l’équipe en juin dernier pour réaliser les mesures et une modélisation simultanée du bruit rayonné par les navires en transit est en cours. Le second volet vise à connaître la distribution horizontale et verticale des bélugas au cours de l’année. Des recensements aériens à différentes périodes de l’année ainsi que des séries de détections et localisations de leurs vocalisations aux dix stations de l’observatoire acoustique fourniront cette information. Le troisième volet combinera l’information des deux premiers volets et celle d’expériences sur des bélugas équipés de balises acoustiques, pour déterminer à quels niveaux de bruit et pendant quelle proportion de temps les animaux sont exposés dans les différentes parties de leur habitat. Ces résultats serviront à cartographier la qualité acoustique de leur environnement, à déterminer les probabilités d’impact sur cette population, ainsi qu’à supporter la mise en œuvre de mesures de mitigation.

 

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11h30 à 11h50

 
Marie-Julie Roux → Enjeux et stratégies vers une utilisation durable des ressources halieutiques dans l’estuaire et le Golfe St-Laurent

11h30 à 11h50

Résumé

 

Marie-Julie Roux1, Stéphane Plourde1, Daniel Duplisea1, Hugues Benoît1, Hugo Bourdages1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli, QC.

L’écosystème estuaire-golfe St-Laurent connait des changements importants en termes de conditions océanographiques et communautés biologiques. Ces changements remettent en cause la validité des méthodes scientifiques utilisées pour informer la gestion durable des ressources halieutiques, ainsi que l’efficacité des mesures de gestion et de protection. La prise en compte des facteurs écosystémiques et environnementaux dans les processus d’évaluation des stocks est nécessaire afin d’assurer une utilisation durable des ressources halieutiques et permettre aux différents intervenants de la gestion, de l’industrie et des communautés côtières, de mieux s’adapter et planifier leurs activités en fonction des changements dans l’état de l’écosystème. Cette présentation fera un survol des changements observés dans l’estuaire et le golfe St-Laurent, des enjeux et conséquences potentielles de ces changements pour les évaluations de stock et la gestion des ressources, et discutera des initiatives en cours visant à opérationnaliser une approche écosystémique d’évaluation et intégrer les considérations relatives au changement climatique dans la formulation des avis scientifiques pour la gestion.

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11h50 à 13h30

 

Dîner buffet à l’hôtel Tadoussac • inclus dans l’inscription

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13h30 à 14h50

 

Session de conférences simultanées • Salles Marie-Clarisse et Tadoussac

SAlle Marie-Clarisse

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13h30 à 13h50

Salle Marie-Clarisse

Gesche Winkler → L’importance écologique de la zone de transition de l’estuaire du Saint-Laurent : du plancton aux poissons

13h30 à 13h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Gesche Winkler1, Jory Cabrol1, Lucie Vanalderweireldt², Jean-Baptiste Favier1, Laurence Forget-Lacoursière², Pascal Sirois²

1 Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

² Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Qc)

Nous passons en revue les recherches démontrant l’importance écologique de la zone de transition estuarienne (ZTE) du Saint-Laurent. Le réseau trophique de l’ETZ est organisé longitudinalement à travers les forts gradients environnementaux. Une biomasse élevée de phytoplancton est observée à la tête de la ZTE, supportant un stock élevé de zooplancton qui alimente les larves et juvéniles des nombreuses espèces de poissons, dont l’éperlans arc-en-ciel, le poulamon atlantique et plus récemment la population réintroduite de bar rayé.  Le copépode Eurytemora affinis domine la communauté zooplanctonique qui permet un transfert d’énergies vers les niveaux trophiques supérieurs. E. affinis est en réalité un complexe d’espèces cryptiques composé de 6 clades morphologiquement similaires, mais possédant des histoires évolutives distinctes. Dans l’ETZ, 2 clades (E. carolleeae et E. affinis clade nord-atlantique) coexistent, mais spatialement ségrégués. Chacune semble exploiter différents types d’habitats en fonction de leur tolérance physiologique et de la disponibilité de nourriture. E. carolleeae est principalement présente dans les eaux douces de la ZTE avec des densités similaires à celles des cladocères, une autre proie importante. Cependant, E. affinis montre des densités beaucoup plus élevées au centre de la ZTE, offrant de meilleures conditions d’alimentation potentielles. Nous discutons les résultats sur la répartition du zooplancton, la différentiation génétique et écologique en liens avec la qualité d’habitat pour les larves et juvéniles des trois espèces de poissons. La biodiversité cryptique pourrait également fournir un certain degré de résilience de l’écosystème face aux problématiques lié aux changements climatiques comme la modification de l’hydrodynamisme.

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13h50 à 14h10

Salle Marie-Clarisse

Jory Cabrol → Le Krill un acteur trop souvent oublié en conservation et pourtant si important

13h50 à 14h10 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Jory Cabrol1, Réjean Tremblay1; Christian Nozais2; Michel Starr3; Stéphane Plourde³, Gesche Winkler 1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2 Université du Québec à Rimouski (UQAR), Département de biologie, Rimouski (Qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent (EGSL), le krill représente une des principales espèces fourragères supportant de nombreuses espèces d’intérêts écologiques, économiques et de conservations, telles que la baleine bleue. Néanmoins, peu d’informations existent sur l’écologie des trois espèces dominantes de krill (Meganictyphanes norvegica, Thysanoessa inermis et Thysanoessa raschii) qui coexistent dans l’EGSL. Nous discuterons les résultats issus d’un projet de doctorat portant sur l’évolution de la condition physiologique et du comportement trophique de ces 3 espèces dans l’EGSL. L’analyse des réserves énergétiques a permis de mettre en évidence la présence de différentes stratégies pour faire face aux variations environnementales. M. norvegica, moins riche en lipides, semblent s’alimenter tout au long de l’année sur le zooplancton, alors que Thysaonessa spp. accumulent ses lipides de réserve du printemps à l’été, en s’alimentant sur différentes proportions de phyto- et de zooplancton, pour les consommer durant l’hiver. De plus, M. norvegica semble beaucoup plus sensibles aux fluctuations environnementales que Thysanoessa spp. ce qui pourrait à terme affecter le transfert d’énergie vers les niveaux trophiques supérieurs. Enfin, l’analyse détaillée du régime alimentaire de chaque espèce a permis de démontrer la présence d’une ségrégation trophique à très fine échelle, malgré la présence d’un chevauchement trophique au printemps. Les résultats présentés permettront de mieux comprendre le rôle du krill dans l’écosystème Saint-Laurent, et aussi mieux prédire les changements trophiques susceptibles d’influencer leur condition physiologique et donc les flux d’énergies vers les niveaux trophiques supérieurs.

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14h10 à 14h30

Salle Marie-Clarisse

Laurence Lévesque → Émergences, aires de concentration et croissance des larves de hareng atlantique (Clupea harengus) dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent

14h10 à 14h30 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Laurence Lévesque1, Gesche Winkler2, Patrick Ouellet3, Catherine Couillard3, Nadia Ménard1

1 Parc marin du Saguenay─Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (QC)

2 Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (QC)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (QC)

 

L’estuaire moyen est un milieu foisonnant de vie et une pouponnière pour de nombreuses espèces aquatiques ainsi qu’aviaires. On y retrouve entre autre des frayères importantes pour le hareng atlantique (Clupea harengus), bien fréquentées par les unités reproductives du printemps et de l’automne provenant du sud du Golfe du Saint-Laurent. L’unité du printemps a connu un déclin important depuis le début des années 2000, et aucune étude n’a été effectuée sur le statut du hareng de l’estuaire moyen depuis deux décennies. Ainsi, un échantillonnage a été effectué à l’été 2014 pour vérifier si la distribution spatio-temporelle des aires de frai et de rétention est restée comparable à celle décrite il y a 20 ans, évaluer le nombre de cohortes produites, leurs abondances relatives et la persistance des larves de hareng dans l’aire d’étude. Un second objectif était d’explorer les différences de taux de croissance entre les cohortes en lien avec les variations de température et/ou autres facteurs (ie.: abondance de proies). Les résultats ont révélés une distribution spatio-temporelle inchangée des aires de frai ainsi que de la rétention larvaire dans l’aire d’étude. Par contre, plus de cohortes ont été observées durant l’été, un résultat non démontré dans les études précédentes. La longueur des larves à l’émergence, le taux de croissance et la condition somatique variaient entre différentes cohortes, une variation causée par une différence de température. Ces résultats appuient une recommandation de zone de protection marine de l’estuaire moyen du Saint-Laurent entre mai et octobre, période de fraie et de rétention larvaire du hareng atlantique.

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14h30 à 14h50

Salle Marie-Clarisse

 

Pascal Sirois → Le retour du bar rayé du Saint-Laurent

14h30 à 14h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Pascal Sirois1, Michel Legault2, Eliane Valiquette2, Lucie Vanalderweireldt1, Laurence Forget-Lacoursière1, William Fortin, Karine Gagnon4, Marc Mingelbier2 et Gesche Winkler3

1Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, département des sciences fondamentales, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Chicoutimi (Qc)

2Direction générale de l’expertise sur la faune et ses habitats, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec (Qc)

3Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

4Direction de la gestion de la faune du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Jonquière (Qc)

Le bar rayé est un poisson anadrome de la côte Est de l’Amérique du Nord important pour la pêche récréative et commerciale. La population du fleuve Saint-Laurent s’est éteinte au cours des années 1960 probablement en raison des effets cumulatifs de la destruction des habitats essentiels dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent et de la surpêche. Depuis 2002, un programme d’ensemencement de larves et juvéniles a été initié par le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Au cours des dernières années, on a observé des signes concrets de rétablissement de cette population et des évidences de reproduction en milieu naturel. Néanmoins, des travaux récents indiquent que la nouvelle population se répartit et utilise des habitats dans le fleuve, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et dans le fjord du Saguenay se distinguant des observations faites sur la population ancestrale. Nos travaux de recherche visent à documenter l’écologie des larves, des juvéniles et des adultes de bar rayé de la nouvelle population du Saint-Laurent. Nous présenterons les connaissances scientifiques à jour sur la répartition de tous les stades de vie dans le système Saguenay – Saint-Laurent, leur alimentation, leur croissance et l’utilisation des habitats. Nous présenterons également le chevauchement de la nouvelle population du Saint-Laurent avec la population du sud du Golfe du Saint-Laurent qui se reproduit dans la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick.

SAlle Tadoussac

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13h30 à 13h50

Salle Tadoussac

Marie Guilpin → De quelles densités de krill le rorqual bleu a-t-il besoin dans le Saint-Laurent?

13h30 à 13h50 Salle Tadoussac

Résumé

Marie Guilpin1,2, Véronique Lesage1, Ian McQuinn1, Jeremy Goldbogen3, Jean Potvin4, Thomas Doniol-Valcroze5, Tiphaine Jeanniard du Dot1, Robert Michaud6, Michel Moisan6 & Gesche Winkler2

1 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2 Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

3 Hopkins Marine Station, Stanford Université, Pacific Grove, Californie USA

4 Saint-Louis University, Saint Louis, Missouri, USA

5 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Nanaimo (Bc)

6 Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), Tadoussac (Qc)

Les espèces ont besoin d’énergie pour survivre, croître et se reproduire. Les  rorquals bleus du nord-ouest Atlantique visitent l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent de manière saisonnière afin de profiter des pics de productivité zooplanctonique, notamment de krill, sa proie principale. En effet, les rorquals bleus en profitent pour stocker de grandes quantités de gras et d’énergie qui leur serviront pour survivre et se reproduire dans des zones plus propices pendant l’hiver. À l’aide d’archiveurs de données déployés temporairement sur 11 rorquals bleus dans l’estuaire du Saint-Laurent, nous avons pu étudier leur comportement de plongée. Nous avons calculé les coûts énergétiques associés à l’alimentation et estimé les densités de krill nécessaires pour contrebalancer ces coûts énergétiques selon différentes efficacités d’alimentation. Les densités de krill estimées ont été comparées à celles obtenues indépendamment lors de relevés hydroacoustiques couplés à des observations de surface de rorquals bleus. Les résultats indiquent que les rorquals bleus requièrent des densités de krill plus élevée que la moyenne afin de stocker de l’énergie. Les patchs de krill étudiés n’offrent qu’une possibilité relativement limitée de stocker de l’énergie dans le Saint-Laurent. Ces résultats mettent en lumière l’importance pour les rorquals bleus de trouver des densités de krill élevée pour survivre et se reproduire. Cette étude permet de mieux identifier les habitats favorables au rorqual bleu et servira à prédire les effets du climat et de la variabilité naturelle de l’abondance du krill affectant l’efficacité d’alimentation sur la condition physique et les fonctions vitales de cette espèce en voie de disparition.

 

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13h50 à 14h10

Salle Tadoussac

 

Yvan Simard → Une décennie de suivis acoustiques continus des rorquals bleus, des rorquals communs et du krill dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent de 2007 à 2017

13h50 À 14h10 Salle Tadoussac

Résumé

Yvan Simard1, 2 et Nathalie Roy1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Pour suivre la fréquentation du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent par le rorqual bleu (Balaenoptera musculus) et le rorqual commun (Baleanoptera physalus) ainsi que la concentration de leur nourriture, le krill, un observatoire acoustique a été opéré de 2007 à 2017 à l’est du parc. L’information nouvelle qu’apportent ces séries temporelles décennales montre que: a) la présence des rorquals est relativement stable, et que les deux espèces ont visité la région chaque année, particulièrement dans la 2e moitié de l’an, jusqu’à l’apparition des glaces; b) les dates de début et de fin varient, et cette fréquentation saisonnière est plus intense tard en automne qu’au cours de l’été, alors que l’écotourisme d’observation des baleines bat son plein; c) la concentration de krill est élevée mais subit d’importantes fluctuations sur de courtes périodes, sans lien particulièrement fort avec des forçages physiques ou biologiques de plus d’un jour, tel celui des marées semi-mensuelles, d’après les analyses de rythmes effectuées. La concentration quotidienne de krill à l’observatoire était élevée (50 % du temps supérieure à 176 t/km2), très variable, et tendait vers un maximum de la mi-décembre à la mi-février. Dans un contexte de réchauffement planétaire, la présence hivernale des rorquals pourrait se prolonger si la période englacée diminue.

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14h10 à 14h30

Salle Tadoussac
Nadia Ménard → Suivi des proies pélagiques des cétacés dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

14h10 À 14h30 Salle Tadoussac

Résumé

Nadia Ménard1, Samuel Turgeon1, Louis Bertnatchez2 et Ian McQuinn3

1 Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

2 Institut de Biologie Intégrative et des Systèmes (IBIS), Université Laval, Québec (Qc)

3Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est une aire d’alimentation pour plusieurs espèces de cétacés, dont le béluga (Delphinapterus leucas), le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata), le rorqual commun (Balaenoptera physalus), le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae) et le rorqual bleu (Balaenoptera musculus). Les changements dans l’abondance et l’assemblage des espèces des rorquals, qui supportent les activités d’observation des baleines, ont mis en lumière le besoin de faire un suivi systématique à haute résolution et à long terme des proies afin de mieux comprendre les raisons de la forte variabilité observée. Depuis 2009, un relevé hydroacoustique hebdomadaire des proies pélagiques est effectué au parc marin afin de mieux comprendre les facteurs environnementaux qui font varier les proies et l’influence de cette variabilité sur les différentes espèces de cétacés. Le suivi est effectué le long de transects, principalement à la tête du chenal Laurentien, à l’aide d’un système hydroacoustique multifréquences (38, 120 et 200 kHz), simultanément à un protocole d’observation des prédateurs. Afin de classifier les échos au niveau de l’espèce (krill nordique (Meganyctiphanes norvegica) ou krill arctique (Tysanoesssa raschii)) ou groupe d’espèces (poissons avec ou sans vessie natatoire), un gabarit de classification basé sur les rapports de fréquences a été défini. De nombreux résultats sur la disponibilité des proies en lien avec la présence des cétacés seront présentés afin de mieux comprendre la dynamique prédateurs-proies dans le parc marin. Finalement, des résultats préliminaires sur l’utilisation exploratoire de l’ADN environnementale pour identifier la composition spécifique des bancs de poissons détectés par hydroacoustique seront présentés.

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14h30 à 14h50

Salle Tadoussac

Francis Lapointe → Le PMSSL dans l’œil de la baleine : de Moby Dick aux bélugas

14h30 à 14h50 Salle Tadoussac

Résumé

Francis Lapointe1

1 Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

« Dieu créa les grandes baleines et tous les êtres vivants qui glissent et qui grouillent dans les mers. » Genèse, cinquième jour.

La portée métaphysique du livre de Melville est bien connue. Celui-ci raconte la quête du capitaine Achab pour un cachalot blanc, nommé Moby Dick, qui le mènera, lui et son équipage, à sa perte. Pour Melville, ce Cachalot symbolise les limites que l’homme ne doit pas transgresser, car on ne peut contempler l’essence divine et Achab mourra de l’avoir tenté. Pour Melville, malgré qu’il donne moult détails sur la chasse à la baleine de l’époque, il s’agit donc de montrer qu’en dépit de tous les moyens d’investigations dont l’homme dispose, il ne pourra jamais cerner ce qu’est la baleine. La baleine métaphorise la quête humaine pour la connaissance de l’Absolu, elle incarne la métaphysique. Moby Dick, c’est en quelque sorte le mythe Prométhéen dans lequel la connaissance rend certes l’homme plus libre, mais peut aussi lui donner l’ivresse de croire qu’il est égal aux dieux. Pourtant, vouloir connaître la baleine est l’essence même de la vie, et c’est pourquoi, que l’on soit Achab cherchant Mody Dick, excursionniste à attendre Capitaine Crochet ou scientifiques s’interrogeant sur le béluga, c’est le même désir, la même nécessité qui agit en nous. C’est cette plongée dans l’œil de la baleine, dans la pure blancheur des bélugas, qui nous unis et réunis tous au parc marin.

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14h50 à 15h10

 

Pause café

Session de conférences successives • Salle Marie-Clarisse

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15h10 à 15h30

 
Manuela Conversano → Fréquentation de l’embouchure fjord du Saguenay et de la baie Sainte-Marguerite par le béluga et le trafic maritime : 15 ans de suivi au profit de la science et de la conservation

15h10 à 15h30 Salle Marie-Clarisse

Résumé

 

Manuela Conversano1, Samuel Turgeon1, Nadia Ménard1

1Parc marin du Saguenay−Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

L’embouchure du fjord du Saguenay et la baie Sainte-Marguerite font partie des aires estivales fortement fréquentées par le béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) ainsi que des habitats considérés essentiels pour le rétablissement de cette population en voie de disparition. Le trafic maritime y est également important, particulièrement à l’embouchure du fjord, qui est le secteur où le trafic est le plus intense dans le parc marin. Afin de mieux comprendre l’utilisation des deux secteurs et mettre en place des mesures de gestion visant à réduire le dérangement, Parcs Canada a entrepris un suivi estival pluriannuel. De 2003 à 2017, plus de 6 000 heures d’observation ont été réalisées à partir de la rive entre juin et août principalement. Des informations sur la position et les caractéristiques des groupes de bélugas et des bateaux ont été recueillies à l’aide de jumelles télémétriques, en effectuant des balayages visuels systématiques.

Les résultats ont confirmé des taux de présence élevés des bélugas aux deux sites, avec des fluctuations interannuelles et saisonnières parfois marquées, et une présence importante de jeunes et de veaux dans les troupeaux. Une baisse significative de la proportion de jeunes a été observée depuis 2012. Des patrons d’utilisation en fonction de l’heure du jour et du cycle de marée ont été décelés aux deux sites. Les cooccurrences entre les bélugas et les bateaux ont été quantifiés en fonction des distances et des types d’embarcation pour les deux sites. Ces résultats ont permis l’établissement de mesures de gestion spécifique à ces habitats.

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15h30 à 15h50

 
Véronique Lesage → La diète des bélugas de Vladykov à aujourd’hui

15h30 à 15h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

 

Véronique Lesage1, Samuel Turgeon1, Pierre Béland2, Stéphane Lair3

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2 Institut National d’Écotoxicologie du Saint-Laurent, Montréal (Qc)

3 Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal, Saint-Hyacinthe (Qc)

Les bélugas du Saint-Laurent sont en déclin et il existe beaucoup de spéculation quant aux raisons de ce déclin. La contamination du milieu, les changements environnementaux affectant l’abondance relative des proies, ainsi que le bruit chronique sont autant de facteurs invoqués pour expliquer l’état actuel de cette population en danger de disparition. Toutefois, le peu d’information relativement aux habitudes alimentaires des bélugas freine notre compréhension des voies d’entrée des contaminants dans les tissus des bélugas, et prévient l’identification des composantes biologiques essentielles desquelles dépend cette population. Les données concernant la diète du béluga datent des années 1930s, et proviennent principalement d’une région qui n’est plus fréquentée par le béluga. Des espèces comme le calmar et la morue franche qui étaient consommées régulièrement durant les années 1930s sont rares dans les relevés scientifiques, et sont peut-être peu disponibles au béluga à l’heure actuelle. Les vers Nereis et l’anguille d’Amérique, qui étaient abondants dans la diète des années 1930 ou dans l’environnement du béluga, ont été identifié comme des sources principales de contaminants organochlorés comme le mirex et les HAP. Dans ce contexte, même une confirmation des espèces ingérées peut être extrêmement utile pour diriger les efforts de recherche et de conservation.

En utilisant le contenu digestif de 80 bélugas retrouvés morts dans le Saint-Laurent au cours des dernières décennies, nous explorons les tendances dans l’alimentation des bélugas en réponse aux changements profonds qu’a subi le Saint-Laurent. Cette étude démontre que les bélugas peuvent ingérer jusqu’à 11 espèces différentes dans un court laps de temps, et qu’ils consomment toujours les espèces mentionnées ci-dessus, même si leur contribution énergétique ne peut être déterminée. Ces résultats suggèrent que les hypothèses impliquant l’ingestion de calmars, d’invertébrés benthiques et de stocks de poissons qui ont été décimés par la pêche (e.g., morue franche, sébaste, anguille), ne devraient pas être écartée pour comprendre les facteurs affectant cette population.

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15h50 à 16h10

 
Jonathan Verreault → Les polluants chez le béluga et le petit rorqual du Saint-Laurent : un cocktail toxique qui évolue

16h10 à 16h30  Salle Marie-Clarisse

Résumé

Jonathan Verreault1, Antoine E. Simond1, Alexandre Bernier-Graveline1, Maikel Rosabal1, Magali Houde2, Véronique Lesage3, Robert Michaud4, Dany Zbinden5, Fiona Brinkman6, Caren Helbing7

1 Centre de recherche en toxicologie de l’environnement, Département des sciences biologiques, Université du Québec à Montréal, Montréal (Qc)

2 Environnement et Changement Climatique Canada, Montréal (Qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada , Mont-Joli (Qc)

4 Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), Québec (Qc)

5 Mériscope, Longue-Rive (Qc)

6 Université Simon Fraser, Vancouver (BC)

7 Université Victoria, Victoria (BC)

Malgré tous les efforts déployés pour rendre l’eau du fleuve Saint-Laurent plus propre, le béluga (Delphinapterus leucas) du Saint-Laurent est toujours l’un des mammifères marins les plus contaminés du monde. De récentes études démontrent que le petit rorqual (Balænoptera acutorostrata), qui fréquente les eaux du Saint-Laurent sur une base saisonnière, est aussi fortement contaminé. Parmi ces polluants, on dénombre les retardateurs de flamme PBDE (polybromodiphényléthers) et PCB (polychlorobiphényles) ainsi que d’autres organochlorés (ex. DDE, chlordanes, etc.) qui ont fait l’objet d’interdictions au Canada et à travers le monde. Des résultats préliminaires démontrent des corrélations entre les niveaux de BPC et PBDE et l’expression de gènes impliqués dans la synthèse et l’action d’hormones impliquées dans le contrôle du métabolisme et de la reproduction. Ces résultats ne confirment aucun lien de causalité entre l’exposition à ces substances chimiques et des effets sur la santé de ces baleines, mais soulèvent des pistes d’études à approfondir. Les baleines de cet écosystème vulnérable font aussi face à un nouveau défi : les contaminants émergents. Ceci inclut de nouveaux retardateurs de flamme qui se retrouvent maintenant dans nos canapés, téléviseurs, câblage électrique et matériaux isolants. Toutefois, les connaissances sur le devenir dans l’environnement et la toxicité de ces nouveaux produits chimiques sont encore bien minces. Devrait-on s’inquiéter de leur présence? Cette présentation donnera un bref portrait de la situation actuelle des contaminants chez le béluga et le petit rorqual du Saint-Laurent et de leurs impacts potentiels sur la santé de ces deux espèces emblématiques du PMSSL.

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16h10 à 16h30

 
Sophia Ferchiou → Identification et évaluation des principales proies au sein de la diète récente du béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) à l’aide d’un modèle basé sur les PBDE

15h50 à 16h10  Salle Marie-Clarisse

Résumé

Sophia Ferchiou1, Alain Caron2, Michel Lebeuf3, Youssouf D. Soubaneh2, Richard Saint-Louis2, Jean-Pierre Gagné1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Un taux de mortalité élevé est observé chez la population du béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) malgré les mesures visant à rétablir sa population. Une des principales causes pouvant expliquer cette mortalité élevée est la contamination par les polluants organiques persistants (POP) dont les polybromodiphényléthers (PBDE). L’alimentation du béluga est reconnue comme étant une voie d’exposition importante aux contaminants. Toutefois, peu d’informations sont disponibles par rapport aux proies pouvant constituer une source importante de contamination pour le béluga. La dernière étude basée sur les contenus stomacaux du béluga remonte en 1940. Plusieurs approches ont été développées afin de déterminer la diète récente du béluga, mais ces dernières demeurent incomplètes. La quantification et l’identification des congénères des PBDE présents dans les tissus des bélugas et des proies potentielles, au début de cette contamination environnementale, ont permis d’établir un modèle basé principalement sur les ratios des congénères de PBDE. Notre modèle a permis d’identifier les proies les plus importantes dans la diète récente du béluga et d’évaluer leur rôle comme vecteur de transfert de contamination. Les données du phoque commun (Phoca vitulina concolor) ont servies à valider le modèle. Les résultats montrent que les proies les plus importantes pour le béluga mâle et femelle sont la morue, le lançon et le capelan. Toutefois, ce sont la morue et le sébaste qui représentent les principaux vecteurs de contamination du mammifère marin. Le modèle pourra servir d’outil complémentaire afin de mieux comprendre la diète récente d’autres mammifères en péril en utilisant des contaminants émergents.

Jeudi 18 octobre

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8h30 à 8h45

 
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8h45 À 9h30

 

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9h30 à 9h50

 
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9h50 à 10h10

 
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10h10 à 10h30

 
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10h30 à 10h50

 

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10h50 à 11h10

 
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11h10 à 11h30

 
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11h30 à 11h50

 

Ouverture du colloque et mot de bienvenue

Émilien pelletier → Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent : Création et gestion participative inédite au Canada

8h15 à 8h30

Résumé

Bernard Maltais1 et Émilien Pelletier2

1 Retraité de Parcs Canada

2 Institut des sciences de la mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

 

La création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent a été le résultat d’un long et parfois difficile processus impliquant au premier chef les communautés locales, les intervenants régionaux, les communautés autochtones ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada. Cette conférence retrace les premières propositions d’un parc de conservation au Saguenay, les implications citoyennes pour la protection de la population de bélugas (Delphinapterus leucas), les négociations intergouvernementales, les consultations publiques sur les limites du parc et l’adoption des lois miroirs menant à l’établissement du parc marin sur une superficie de 1245 km2, un territoire couvrant la plus grande partie du fjord du Saguenay et la moitié nord de l’estuaire du Saint-Laurent, entre Gros cap à l’Aigle et Les Escoumins. Ce qui apparaissait comme une utopie au début des années 1970 est devenu, 45 ans plus tard, une réalité bien tangible contribuant efficacement à la conservation d’une vaste zone marine fortement anthropisée. Les collectivités locales, les représentants régionaux et les environnementalistes accompagnent encore aujourd’hui le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent dans sa démarche de protection des ressources et d’offre de services. Depuis les premières consultations publiques portant sur les limites du parc de 1990, les plans directeurs successifs, leur contribution ne s’est jamais démentie. Le modèle de gestion partenariale développée et mise en œuvre par les gouvernements du Canada et du Québec s’avère encore aujourd’hui un exemple de processus de convergence d’intérêts divergents pour la protection de la nature et de ses ressources.

Érik Langevin → Sept millénaires de navigation sur la rivière Pitchitaouichetz (Saguenay). Sommaire des connaissances archéologiques du fjord du Saguenay

9h30 à 9h50

Résumé

Érik Langevin1 et Noémie Plourde1

1Laboratoire d’archéologie, Université du Québec à Chicoutimi(UQAC), Chicoutimi (Qc)

Jusqu’en 1996, on s’est interrogé sur le rôle joué par le Bas-Saguenay au temps de la Paléohistoire. Alors que de nombreux sites archéologiques étaient connus dans les secteurs de Tadoussac et du Lac-Saint-Jean, la portion de la rivière Saguenay entre les deux demeurait une énigme. Depuis 1996, les choses ont bien changé, au point où aujourd’hui on sait que ce territoire fut abondamment fréquenté pendant environ 8000 ans. En effet, des sites découverts en deux points précis du fjord ont livré des milliers de vestiges archéologiques de différentes natures permettant de mieux comprendre le quotidien de ceux qui fréquentèrent les lieux lors de la Paléohistoire.​

Peter Galbraith → Circulation et renouvellement des masses d’eau du fjord du Saguenay

9h50 à 10h10

Résumé

Peter S. Galbraith1, Daniel Bourgault2 et Mélany Belzile2,3

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)
2Institut des sciences de la mer de Rimouski, Rimouski (Qc)
3Institut Océanographique de Bedford, Pêches et Océans Canada, Dartmouth (N.-É.)

La circulation de renouvellement des eaux du fjord du Saguenay est examinée à la lumière de nouvelles données océanographiques. Nous avons observé une nouvelle signature de renouvellement en température et salinité occasionnée par la crue printanière, ainsi que le remplacement d’une grande partie des eaux du fjord en moins de 2 mois, confirmant le faible temps de résidence de ces eaux. Un instrument déployé pour mesurer la température et la salinité des eaux à l’entrée du fjord nous a permis de les identifier comme étant principalement des eaux de l’estuaire du Saint-Laurent. Les eaux mesurées dans le premier bassin du fjord à marée basse étaient un mélange des eaux du seuil de salinité parmi les plus faibles observées pendant un cycle de marées, avec des eaux de surface du Saguenay. Ce mélange occasionne ensuite le renouvellement des eaux supérieures et intermédiaires du bassin interne du fjord. La plage de salinité des eaux au seuil correspond assez bien aux eaux qu’on trouve 100 km plus loin dans l’estuaire du Saint-Laurent entre 20 et 70 m. Les variations synchrones de salinité à 100 km et au seuil suggèrent un mouvement vertical simultané des eaux dans tout l’estuaire qui serait déterminant pour le type et la vitesse de renouvellement du fjord du Saguenay.

Pause café

 

François bolduc → Le suivi des oiseaux marins et de la sauvagine à l’intérieur du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

10h30 à 10h50

Résumé

François Bolduc1, Christine Lepage1 et Jean-François Rail1

1 Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Québec (Qc)

Le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent présente un intérêt certain pour la sauvagine, puisqu’il est fréquenté au fil des saisons par des centaines de milliers d’individus. Certaines espèces ne font qu’y passer en migration, tandis que d’autres y restent pour plusieurs mois. Par exemple, on retrouve en été les eiders à duvet (Somateria mollissima) pour la nidification et des milliers de macreuses (Melanitta spp.) pour la mue, alors que les garrots (Bucephala spp.) les fréquentent en hiver. Dans l’aire de coordination du parc marin du SaguenaySaint-Laurent, on compte 27 sites abritant des colonies d’oiseaux marins, incluant plus de 23 000 couples nicheurs appartenant à huit espèces. Le goéland argenté (Larus argentatus) et le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus), de par leur abondance et leur répartition, sont les deux espèces les plus représentatives. Quatre espèces sont tout près de la limite amont de leur aire de répartition. Les effectifs de la plupart des espèces ont fluctué depuis le milieu des années 1970, mais apparaissent maintenant relativement stables. Deux tendances plus récentes apparaissent cependant : la multiplication rapide du guillemot marmette (Uria aalge) et le déclin du guillemot à miroir (Cepphus grylle). Des études de suivi télémétriques indiquent que les petits pingouins (Alca torda) et les guillemots à miroir nichant sur les îles de l’estuaire fréquentent les eaux du Parc marin pour s’alimenter. Ces oiseaux se retrouvent particulièrement entre l’île aux fraises et l’île aux lièvres, mais aussi dans les eaux peu profondes au sud de la batture aux Alouettes.

Clément Chion → Atténuer les impacts du transport maritime sur les mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Fjord du Saguenay : co-construction et science au cœur de la solution

10h50 à 11h10

Résumé

 

Clément Chion1, Samuel Turgeon2, Guy Cantin3, Robert Michaud4, Nadia Ménard2, Véronique Lesage3, Lael Parrott5, Pierre Beaufils2, Yves Clermont3 et Caroline Gravel6

1Département des Sciences naturelles, Université du Québec en Outaouais, Gatineau (Qc)

2Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

3Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

4Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Québec (Qc)

5Departments of Earth, Environmental and Geographic Sciences and Biology, University of British Columbia, Kelowna (C-B)

6Sécurité et sûreté maritimes, Transports Canada, Ottawa (On)

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent chevauche les habitats estivaux de plusieurs espèces de mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Fjord du Saguenay. Parmi elles, le rorqual commun possède le statut « préoccupant » selon la Loi sur les espèces en péril du Canada tandis que le rorqual bleu et la population de bélugas du Saint-Laurent sont désignés « en voie de disparation ». Le trafic maritime représente plusieurs menaces pour le rétablissement de ces espèces parmi lesquelles figurent les collisions, le bruit et le dérangement. Afin d’atténuer les impacts des navires marchands sur les grands rorquals et les bélugas, le groupe de travail sur le transport maritime et la protection des mammifères marins (G2T3M) a été créé en 2011. Cette table de concertation regroupe des représentants de l’industrie maritime, du secteur public, d’organisations non-gouvernementales et du milieu académique concernés par les impacts du transport maritime sur les mammifères marins. En 2012, les membres du G2T3M ont co-construit et évalué les impacts de 10 scénarios d’atténuation des risques de collisions entre navires et grands rorquals. Suite aux recommandations du G2T3M, des mesures volontaires de conservation ont été mises en place dès 2013, réduisant jusqu’à 40% les risques de collisions mortelles. Les travaux du G2T3M et les résultats obtenus seront présentés en mettant l’emphase sur les facteurs de succès de cette approche volontaire ainsi que sur les défis rencontrés et les pistes de solutions. La problématique de la réduction du bruit sous-marin à l’agenda du G2T3M sera également abordée.

Yvan Simard → Un programme de recherche majeur sur l’effet du bruit de la navigation sur le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent

11h10 à 11h30

Résumé

Yvan Simard1, 2, Véronique Lesage1, Nathalie Roy1, Florian Aulanier1, 2, Line Bourdages1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Dans le cadre du Plan de Protection des Océans, le Ministère des Pêches et des Océans a entrepris un programme de recherche quinquennal sur les effets du bruit de la navigation sur le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent. Ses trois volets incluent une cartographie du bruit sous-marin, afin de connaître quels sont les niveaux de bruit, en trois dimensions, en tout temps sur un cycle annuel complet, et à toutes les fréquences acoustiques utilisées par les bélugas dans leurs fonctions vitales de communication et d’écholocation. Un observatoire acoustique comptant dix stations d’enregistrement a été déployé par l’équipe en juin dernier pour réaliser les mesures et une modélisation simultanée du bruit rayonné par les navires en transit est en cours. Le second volet vise à connaître la distribution horizontale et verticale des bélugas au cours de l’année. Des recensements aériens à différentes périodes de l’année ainsi que des séries de détections et localisations de leurs vocalisations aux dix stations de l’observatoire acoustique fourniront cette information. Le troisième volet combinera l’information des deux premiers volets et celle d’expériences sur des bélugas équipés de balises acoustiques, pour déterminer à quels niveaux de bruit et pendant quelle proportion de temps les animaux sont exposés dans les différentes parties de leur habitat. Ces résultats serviront à cartographier la qualité acoustique de leur environnement, à déterminer les probabilités d’impact sur cette population, ainsi qu’à supporter la mise en œuvre de mesures de mitigation.

 

Marie-Julie Roux → Enjeux et stratégies vers une utilisation durable des ressources halieutiques dans l’estuaire et le Golfe St-Laurent

11h30 à 11h50

Résumé

 

Marie-Julie Roux1, Stéphane Plourde1, Daniel Duplisea1, Hugues Benoît1, Hugo Bourdages1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli, QC.

L’écosystème estuaire-golfe St-Laurent connait des changements importants en termes de conditions océanographiques et communautés biologiques. Ces changements remettent en cause la validité des méthodes scientifiques utilisées pour informer la gestion durable des ressources halieutiques, ainsi que l’efficacité des mesures de gestion et de protection. La prise en compte des facteurs écosystémiques et environnementaux dans les processus d’évaluation des stocks est nécessaire afin d’assurer une utilisation durable des ressources halieutiques et permettre aux différents intervenants de la gestion, de l’industrie et des communautés côtières, de mieux s’adapter et planifier leurs activités en fonction des changements dans l’état de l’écosystème. Cette présentation fera un survol des changements observés dans l’estuaire et le golfe St-Laurent, des enjeux et conséquences potentielles de ces changements pour les évaluations de stock et la gestion des ressources, et discutera des initiatives en cours visant à opérationnaliser une approche écosystémique d’évaluation et intégrer les considérations relatives au changement climatique dans la formulation des avis scientifiques pour la gestion.

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11h50 à 13h30

 

Dîner buffet à l’hôtel Tadoussac • inclus dans l’inscription

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13h30 à 14h50

 

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13h30 à 13h50

Salle Marie-Clarisse

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13h50 à 14h10

Salle Marie-Clarisse

 

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14h10 à 14h30

Salle Marie-Clarisse

 

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14h30 à 14h50

Salle Marie-Clarisse
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13h30 à 13h50

Salle Tadoussac

 

 

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13h50 à 14h10

Salle Tadoussac

 

 

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14h10 à 14h30

Salle Tadoussac

 

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14h30 à 14h50

Salle Tadoussac

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14h50 à 15h10

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15h10 à 15h30

 
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15h30 à 15h50

 
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15h50 à 16h10

 
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16h10 à 16h30

 

Session de conférences simultanées • Salles Marie-Clarisse et Tadoussac

SAlle Marie-Clarisse
Gesche Winkler → L’importance écologique de la zone de transition de l’estuaire du Saint-Laurent : du plancton aux poissons

13h30 à 13h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Gesche Winkler1, Jory Cabrol1, Lucie Vanalderweireldt², Jean-Baptiste Favier1, Laurence Forget-Lacoursière², Pascal Sirois²

1 Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

² Université du Québec à Chicoutimi, Chicoutimi (Qc)

Nous passons en revue les recherches démontrant l’importance écologique de la zone de transition estuarienne (ZTE) du Saint-Laurent. Le réseau trophique de l’ETZ est organisé longitudinalement à travers les forts gradients environnementaux. Une biomasse élevée de phytoplancton est observée à la tête de la ZTE, supportant un stock élevé de zooplancton qui alimente les larves et juvéniles des nombreuses espèces de poissons, dont l’éperlans arc-en-ciel, le poulamon atlantique et plus récemment la population réintroduite de bar rayé.  Le copépode Eurytemora affinis domine la communauté zooplanctonique qui permet un transfert d’énergies vers les niveaux trophiques supérieurs. E. affinis est en réalité un complexe d’espèces cryptiques composé de 6 clades morphologiquement similaires, mais possédant des histoires évolutives distinctes. Dans l’ETZ, 2 clades (E. carolleeae et E. affinis clade nord-atlantique) coexistent, mais spatialement ségrégués. Chacune semble exploiter différents types d’habitats en fonction de leur tolérance physiologique et de la disponibilité de nourriture. E. carolleeae est principalement présente dans les eaux douces de la ZTE avec des densités similaires à celles des cladocères, une autre proie importante. Cependant, E. affinis montre des densités beaucoup plus élevées au centre de la ZTE, offrant de meilleures conditions d’alimentation potentielles. Nous discutons les résultats sur la répartition du zooplancton, la différentiation génétique et écologique en liens avec la qualité d’habitat pour les larves et juvéniles des trois espèces de poissons. La biodiversité cryptique pourrait également fournir un certain degré de résilience de l’écosystème face aux problématiques lié aux changements climatiques comme la modification de l’hydrodynamisme.

Jory Cabrol → Le Krill un acteur trop souvent oublié en conservation et pourtant si important

13h50 à 14h10 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Jory Cabrol1, Réjean Tremblay1; Christian Nozais2; Michel Starr3; Stéphane Plourde³, Gesche Winkler 1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2 Université du Québec à Rimouski (UQAR), Département de biologie, Rimouski (Qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent (EGSL), le krill représente une des principales espèces fourragères supportant de nombreuses espèces d’intérêts écologiques, économiques et de conservations, telles que la baleine bleue. Néanmoins, peu d’informations existent sur l’écologie des trois espèces dominantes de krill (Meganictyphanes norvegica, Thysanoessa inermis et Thysanoessa raschii) qui coexistent dans l’EGSL. Nous discuterons les résultats issus d’un projet de doctorat portant sur l’évolution de la condition physiologique et du comportement trophique de ces 3 espèces dans l’EGSL. L’analyse des réserves énergétiques a permis de mettre en évidence la présence de différentes stratégies pour faire face aux variations environnementales. M. norvegica, moins riche en lipides, semblent s’alimenter tout au long de l’année sur le zooplancton, alors que Thysaonessa spp. accumulent ses lipides de réserve du printemps à l’été, en s’alimentant sur différentes proportions de phyto- et de zooplancton, pour les consommer durant l’hiver. De plus, M. norvegica semble beaucoup plus sensibles aux fluctuations environnementales que Thysanoessa spp. ce qui pourrait à terme affecter le transfert d’énergie vers les niveaux trophiques supérieurs. Enfin, l’analyse détaillée du régime alimentaire de chaque espèce a permis de démontrer la présence d’une ségrégation trophique à très fine échelle, malgré la présence d’un chevauchement trophique au printemps. Les résultats présentés permettront de mieux comprendre le rôle du krill dans l’écosystème Saint-Laurent, et aussi mieux prédire les changements trophiques susceptibles d’influencer leur condition physiologique et donc les flux d’énergies vers les niveaux trophiques supérieurs.

Laurence Lévesque → Émergences, aires de concentration et croissance des larves de hareng atlantique (Clupea harengus) dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent

14h10 à 14h30 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Laurence Lévesque1, Gesche Winkler2, Patrick Ouellet3, Catherine Couillard3, Nadia Ménard1

1 Parc marin du Saguenay─Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (QC)

2 Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (QC)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (QC)

 

L’estuaire moyen est un milieu foisonnant de vie et une pouponnière pour de nombreuses espèces aquatiques ainsi qu’aviaires. On y retrouve entre autre des frayères importantes pour le hareng atlantique (Clupea harengus), bien fréquentées par les unités reproductives du printemps et de l’automne provenant du sud du Golfe du Saint-Laurent. L’unité du printemps a connu un déclin important depuis le début des années 2000, et aucune étude n’a été effectuée sur le statut du hareng de l’estuaire moyen depuis deux décennies. Ainsi, un échantillonnage a été effectué à l’été 2014 pour vérifier si la distribution spatio-temporelle des aires de frai et de rétention est restée comparable à celle décrite il y a 20 ans, évaluer le nombre de cohortes produites, leurs abondances relatives et la persistance des larves de hareng dans l’aire d’étude. Un second objectif était d’explorer les différences de taux de croissance entre les cohortes en lien avec les variations de température et/ou autres facteurs (ie.: abondance de proies). Les résultats ont révélés une distribution spatio-temporelle inchangée des aires de frai ainsi que de la rétention larvaire dans l’aire d’étude. Par contre, plus de cohortes ont été observées durant l’été, un résultat non démontré dans les études précédentes. La longueur des larves à l’émergence, le taux de croissance et la condition somatique variaient entre différentes cohortes, une variation causée par une différence de température. Ces résultats appuient une recommandation de zone de protection marine de l’estuaire moyen du Saint-Laurent entre mai et octobre, période de fraie et de rétention larvaire du hareng atlantique.

Pascal Sirois → Le retour du bar rayé du Saint-Laurent

14h30 à 14h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

Pascal Sirois1, Michel Legault2, Eliane Valiquette2, Lucie Vanalderweireldt1, Laurence Forget-Lacoursière1, William Fortin, Karine Gagnon4, Marc Mingelbier2 et Gesche Winkler3

1Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, département des sciences fondamentales, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Chicoutimi (Qc)

2Direction générale de l’expertise sur la faune et ses habitats, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec (Qc)

3Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

4Direction de la gestion de la faune du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Jonquière (Qc)

Le bar rayé est un poisson anadrome de la côte Est de l’Amérique du Nord important pour la pêche récréative et commerciale. La population du fleuve Saint-Laurent s’est éteinte au cours des années 1960 probablement en raison des effets cumulatifs de la destruction des habitats essentiels dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent et de la surpêche. Depuis 2002, un programme d’ensemencement de larves et juvéniles a été initié par le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Au cours des dernières années, on a observé des signes concrets de rétablissement de cette population et des évidences de reproduction en milieu naturel. Néanmoins, des travaux récents indiquent que la nouvelle population se répartit et utilise des habitats dans le fleuve, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et dans le fjord du Saguenay se distinguant des observations faites sur la population ancestrale. Nos travaux de recherche visent à documenter l’écologie des larves, des juvéniles et des adultes de bar rayé de la nouvelle population du Saint-Laurent. Nous présenterons les connaissances scientifiques à jour sur la répartition de tous les stades de vie dans le système Saguenay – Saint-Laurent, leur alimentation, leur croissance et l’utilisation des habitats. Nous présenterons également le chevauchement de la nouvelle population du Saint-Laurent avec la population du sud du Golfe du Saint-Laurent qui se reproduit dans la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick.

Salle Tadoussac
Marie Guilpin → De quelles densités de krill le rorqual bleu a-t-il besoin dans le Saint-Laurent?

13h30 à 13h50 Salle Tadoussac

Résumé

Marie Guilpin1,2, Véronique Lesage1, Ian McQuinn1, Jeremy Goldbogen3, Jean Potvin4, Thomas Doniol-Valcroze5, Tiphaine Jeanniard du Dot1, Robert Michaud6, Michel Moisan6 & Gesche Winkler2

1 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2 Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

3 Hopkins Marine Station, Stanford Université, Pacific Grove, Californie USA

4 Saint-Louis University, Saint Louis, Missouri, USA

5 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Nanaimo (Bc)

6 Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), Tadoussac (Qc)

Les espèces ont besoin d’énergie pour survivre, croître et se reproduire. Les  rorquals bleus du nord-ouest Atlantique visitent l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent de manière saisonnière afin de profiter des pics de productivité zooplanctonique, notamment de krill, sa proie principale. En effet, les rorquals bleus en profitent pour stocker de grandes quantités de gras et d’énergie qui leur serviront pour survivre et se reproduire dans des zones plus propices pendant l’hiver. À l’aide d’archiveurs de données déployés temporairement sur 11 rorquals bleus dans l’estuaire du Saint-Laurent, nous avons pu étudier leur comportement de plongée. Nous avons calculé les coûts énergétiques associés à l’alimentation et estimé les densités de krill nécessaires pour contrebalancer ces coûts énergétiques selon différentes efficacités d’alimentation. Les densités de krill estimées ont été comparées à celles obtenues indépendamment lors de relevés hydroacoustiques couplés à des observations de surface de rorquals bleus. Les résultats indiquent que les rorquals bleus requièrent des densités de krill plus élevée que la moyenne afin de stocker de l’énergie. Les patchs de krill étudiés n’offrent qu’une possibilité relativement limitée de stocker de l’énergie dans le Saint-Laurent. Ces résultats mettent en lumière l’importance pour les rorquals bleus de trouver des densités de krill élevée pour survivre et se reproduire. Cette étude permet de mieux identifier les habitats favorables au rorqual bleu et servira à prédire les effets du climat et de la variabilité naturelle de l’abondance du krill affectant l’efficacité d’alimentation sur la condition physique et les fonctions vitales de cette espèce en voie de disparition.

 

Yvan Simard → Une décennie de suivis acoustiques continus des rorquals bleus, des rorquals communs et du krill dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent de 2007 à 2017

13h50 À 14h10 Salle Tadoussac

Résumé

Yvan Simard1, 2 et Nathalie Roy1

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2Institut des Sciences de la Mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Pour suivre la fréquentation du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent par le rorqual bleu (Balaenoptera musculus) et le rorqual commun (Baleanoptera physalus) ainsi que la concentration de leur nourriture, le krill, un observatoire acoustique a été opéré de 2007 à 2017 à l’est du parc. L’information nouvelle qu’apportent ces séries temporelles décennales montre que: a) la présence des rorquals est relativement stable, et que les deux espèces ont visité la région chaque année, particulièrement dans la 2e moitié de l’an, jusqu’à l’apparition des glaces; b) les dates de début et de fin varient, et cette fréquentation saisonnière est plus intense tard en automne qu’au cours de l’été, alors que l’écotourisme d’observation des baleines bat son plein; c) la concentration de krill est élevée mais subit d’importantes fluctuations sur de courtes périodes, sans lien particulièrement fort avec des forçages physiques ou biologiques de plus d’un jour, tel celui des marées semi-mensuelles, d’après les analyses de rythmes effectuées. La concentration quotidienne de krill à l’observatoire était élevée (50 % du temps supérieure à 176 t/km2), très variable, et tendait vers un maximum de la mi-décembre à la mi-février. Dans un contexte de réchauffement planétaire, la présence hivernale des rorquals pourrait se prolonger si la période englacée diminue.

Nadia Ménard → Suivi des proies pélagiques des cétacés dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

14h10 À 14h30 Salle Tadoussac

Résumé

Nadia Ménard1, Samuel Turgeon1, Louis Bertnatchez2 et Ian McQuinn3

1 Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

2 Institut de Biologie Intégrative et des Systèmes (IBIS), Université Laval, Québec (Qc)

3Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est une aire d’alimentation pour plusieurs espèces de cétacés, dont le béluga (Delphinapterus leucas), le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata), le rorqual commun (Balaenoptera physalus), le rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae) et le rorqual bleu (Balaenoptera musculus). Les changements dans l’abondance et l’assemblage des espèces des rorquals, qui supportent les activités d’observation des baleines, ont mis en lumière le besoin de faire un suivi systématique à haute résolution et à long terme des proies afin de mieux comprendre les raisons de la forte variabilité observée. Depuis 2009, un relevé hydroacoustique hebdomadaire des proies pélagiques est effectué au parc marin afin de mieux comprendre les facteurs environnementaux qui font varier les proies et l’influence de cette variabilité sur les différentes espèces de cétacés. Le suivi est effectué le long de transects, principalement à la tête du chenal Laurentien, à l’aide d’un système hydroacoustique multifréquences (38, 120 et 200 kHz), simultanément à un protocole d’observation des prédateurs. Afin de classifier les échos au niveau de l’espèce (krill nordique (Meganyctiphanes norvegica) ou krill arctique (Tysanoesssa raschii)) ou groupe d’espèces (poissons avec ou sans vessie natatoire), un gabarit de classification basé sur les rapports de fréquences a été défini. De nombreux résultats sur la disponibilité des proies en lien avec la présence des cétacés seront présentés afin de mieux comprendre la dynamique prédateurs-proies dans le parc marin. Finalement, des résultats préliminaires sur l’utilisation exploratoire de l’ADN environnementale pour identifier la composition spécifique des bancs de poissons détectés par hydroacoustique seront présentés.

Francis Lapointe → Le PMSSL dans l’œil de la baleine : de Moby Dick aux bélugas

14h30 à 14h50 Salle Tadoussac

Résumé

Francis Lapointe1

1 Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

« Dieu créa les grandes baleines et tous les êtres vivants qui glissent et qui grouillent dans les mers. » Genèse, cinquième jour.

La portée métaphysique du livre de Melville est bien connue. Celui-ci raconte la quête du capitaine Achab pour un cachalot blanc, nommé Moby Dick, qui le mènera, lui et son équipage, à sa perte. Pour Melville, ce Cachalot symbolise les limites que l’homme ne doit pas transgresser, car on ne peut contempler l’essence divine et Achab mourra de l’avoir tenté. Pour Melville, malgré qu’il donne moult détails sur la chasse à la baleine de l’époque, il s’agit donc de montrer qu’en dépit de tous les moyens d’investigations dont l’homme dispose, il ne pourra jamais cerner ce qu’est la baleine. La baleine métaphorise la quête humaine pour la connaissance de l’Absolu, elle incarne la métaphysique. Moby Dick, c’est en quelque sorte le mythe Prométhéen dans lequel la connaissance rend certes l’homme plus libre, mais peut aussi lui donner l’ivresse de croire qu’il est égal aux dieux. Pourtant, vouloir connaître la baleine est l’essence même de la vie, et c’est pourquoi, que l’on soit Achab cherchant Mody Dick, excursionniste à attendre Capitaine Crochet ou scientifiques s’interrogeant sur le béluga, c’est le même désir, la même nécessité qui agit en nous. C’est cette plongée dans l’œil de la baleine, dans la pure blancheur des bélugas, qui nous unis et réunis tous au parc marin.

Pause café

Session de conférences successives • Salle Marie-Clarisse

Manuela Conversano → Fréquentation de l’embouchure fjord du Saguenay et de la baie Sainte-Marguerite par le béluga et le trafic maritime : 15 ans de suivi au profit de la science et de la conservation

15h10 à 15h30 Salle Marie-Clarisse

Résumé

 

Manuela Conversano1, Samuel Turgeon1, Nadia Ménard1

1Parc marin du Saguenay−Saint-Laurent, Parcs Canada, Tadoussac (Qc)

L’embouchure du fjord du Saguenay et la baie Sainte-Marguerite font partie des aires estivales fortement fréquentées par le béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) ainsi que des habitats considérés essentiels pour le rétablissement de cette population en voie de disparition. Le trafic maritime y est également important, particulièrement à l’embouchure du fjord, qui est le secteur où le trafic est le plus intense dans le parc marin. Afin de mieux comprendre l’utilisation des deux secteurs et mettre en place des mesures de gestion visant à réduire le dérangement, Parcs Canada a entrepris un suivi estival pluriannuel. De 2003 à 2017, plus de 6 000 heures d’observation ont été réalisées à partir de la rive entre juin et août principalement. Des informations sur la position et les caractéristiques des groupes de bélugas et des bateaux ont été recueillies à l’aide de jumelles télémétriques, en effectuant des balayages visuels systématiques.

Les résultats ont confirmé des taux de présence élevés des bélugas aux deux sites, avec des fluctuations interannuelles et saisonnières parfois marquées, et une présence importante de jeunes et de veaux dans les troupeaux. Une baisse significative de la proportion de jeunes a été observée depuis 2012. Des patrons d’utilisation en fonction de l’heure du jour et du cycle de marée ont été décelés aux deux sites. Les cooccurrences entre les bélugas et les bateaux ont été quantifiés en fonction des distances et des types d’embarcation pour les deux sites. Ces résultats ont permis l’établissement de mesures de gestion spécifique à ces habitats.

Véronique Lesage → La diète des bélugas de Vladykov à aujourd’hui

15h30 à 15h50 Salle Marie-Clarisse

Résumé

 

Véronique Lesage1, Samuel Turgeon1, Pierre Béland2, Stéphane Lair3

1Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

2 Institut National d’Écotoxicologie du Saint-Laurent, Montréal (Qc)

3 Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal, Saint-Hyacinthe (Qc)

Les bélugas du Saint-Laurent sont en déclin et il existe beaucoup de spéculation quant aux raisons de ce déclin. La contamination du milieu, les changements environnementaux affectant l’abondance relative des proies, ainsi que le bruit chronique sont autant de facteurs invoqués pour expliquer l’état actuel de cette population en danger de disparition. Toutefois, le peu d’information relativement aux habitudes alimentaires des bélugas freine notre compréhension des voies d’entrée des contaminants dans les tissus des bélugas, et prévient l’identification des composantes biologiques essentielles desquelles dépend cette population. Les données concernant la diète du béluga datent des années 1930s, et proviennent principalement d’une région qui n’est plus fréquentée par le béluga. Des espèces comme le calmar et la morue franche qui étaient consommées régulièrement durant les années 1930s sont rares dans les relevés scientifiques, et sont peut-être peu disponibles au béluga à l’heure actuelle. Les vers Nereis et l’anguille d’Amérique, qui étaient abondants dans la diète des années 1930 ou dans l’environnement du béluga, ont été identifié comme des sources principales de contaminants organochlorés comme le mirex et les HAP. Dans ce contexte, même une confirmation des espèces ingérées peut être extrêmement utile pour diriger les efforts de recherche et de conservation.

En utilisant le contenu digestif de 80 bélugas retrouvés morts dans le Saint-Laurent au cours des dernières décennies, nous explorons les tendances dans l’alimentation des bélugas en réponse aux changements profonds qu’a subi le Saint-Laurent. Cette étude démontre que les bélugas peuvent ingérer jusqu’à 11 espèces différentes dans un court laps de temps, et qu’ils consomment toujours les espèces mentionnées ci-dessus, même si leur contribution énergétique ne peut être déterminée. Ces résultats suggèrent que les hypothèses impliquant l’ingestion de calmars, d’invertébrés benthiques et de stocks de poissons qui ont été décimés par la pêche (e.g., morue franche, sébaste, anguille), ne devraient pas être écartée pour comprendre les facteurs affectant cette population.

Jonathan Verreault → Les polluants chez le béluga et le petit rorqual du Saint-Laurent : un cocktail toxique qui évolue

16h10 à 16h30  Salle Marie-Clarisse

Résumé

Jonathan Verreault1, Antoine E. Simond1, Alexandre Bernier-Graveline1, Maikel Rosabal1, Magali Houde2, Véronique Lesage3, Robert Michaud4, Dany Zbinden5, Fiona Brinkman6, Caren Helbing7

1 Centre de recherche en toxicologie de l’environnement, Département des sciences biologiques, Université du Québec à Montréal, Montréal (Qc)

2 Environnement et Changement Climatique Canada, Montréal (Qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada , Mont-Joli (Qc)

4 Groupe de Recherche et d’Éducation sur les Mammifères Marins (GREMM), Québec (Qc)

5 Mériscope, Longue-Rive (Qc)

6 Université Simon Fraser, Vancouver (BC)

7 Université Victoria, Victoria (BC)

Malgré tous les efforts déployés pour rendre l’eau du fleuve Saint-Laurent plus propre, le béluga (Delphinapterus leucas) du Saint-Laurent est toujours l’un des mammifères marins les plus contaminés du monde. De récentes études démontrent que le petit rorqual (Balænoptera acutorostrata), qui fréquente les eaux du Saint-Laurent sur une base saisonnière, est aussi fortement contaminé. Parmi ces polluants, on dénombre les retardateurs de flamme PBDE (polybromodiphényléthers) et PCB (polychlorobiphényles) ainsi que d’autres organochlorés (ex. DDE, chlordanes, etc.) qui ont fait l’objet d’interdictions au Canada et à travers le monde. Des résultats préliminaires démontrent des corrélations entre les niveaux de BPC et PBDE et l’expression de gènes impliqués dans la synthèse et l’action d’hormones impliquées dans le contrôle du métabolisme et de la reproduction. Ces résultats ne confirment aucun lien de causalité entre l’exposition à ces substances chimiques et des effets sur la santé de ces baleines, mais soulèvent des pistes d’études à approfondir. Les baleines de cet écosystème vulnérable font aussi face à un nouveau défi : les contaminants émergents. Ceci inclut de nouveaux retardateurs de flamme qui se retrouvent maintenant dans nos canapés, téléviseurs, câblage électrique et matériaux isolants. Toutefois, les connaissances sur le devenir dans l’environnement et la toxicité de ces nouveaux produits chimiques sont encore bien minces. Devrait-on s’inquiéter de leur présence? Cette présentation donnera un bref portrait de la situation actuelle des contaminants chez le béluga et le petit rorqual du Saint-Laurent et de leurs impacts potentiels sur la santé de ces deux espèces emblématiques du PMSSL.

Sophia Ferchiou → Identification et évaluation des principales proies au sein de la diète récente du béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) à l’aide d’un modèle basé sur les PBDE

15h50 à 16h10  Salle Marie-Clarisse

Résumé

Sophia Ferchiou1, Alain Caron2, Michel Lebeuf3, Youssouf D. Soubaneh2, Richard Saint-Louis2, Jean-Pierre Gagné1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (qc)

3 Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Qc)

Un taux de mortalité élevé est observé chez la population du béluga du Saint-Laurent (Delphinapterus leucas) malgré les mesures visant à rétablir sa population. Une des principales causes pouvant expliquer cette mortalité élevée est la contamination par les polluants organiques persistants (POP) dont les polybromodiphényléthers (PBDE). L’alimentation du béluga est reconnue comme étant une voie d’exposition importante aux contaminants. Toutefois, peu d’informations sont disponibles par rapport aux proies pouvant constituer une source importante de contamination pour le béluga. La dernière étude basée sur les contenus stomacaux du béluga remonte en 1940. Plusieurs approches ont été développées afin de déterminer la diète récente du béluga, mais ces dernières demeurent incomplètes. La quantification et l’identification des congénères des PBDE présents dans les tissus des bélugas et des proies potentielles, au début de cette contamination environnementale, ont permis d’établir un modèle basé principalement sur les ratios des congénères de PBDE. Notre modèle a permis d’identifier les proies les plus importantes dans la diète récente du béluga et d’évaluer leur rôle comme vecteur de transfert de contamination. Les données du phoque commun (Phoca vitulina concolor) ont servies à valider le modèle. Les résultats montrent que les proies les plus importantes pour le béluga mâle et femelle sont la morue, le lançon et le capelan. Toutefois, ce sont la morue et le sébaste qui représentent les principaux vecteurs de contamination du mammifère marin. Le modèle pourra servir d’outil complémentaire afin de mieux comprendre la diète récente d’autres mammifères en péril en utilisant des contaminants émergents.

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16h30 à 18h

 

Session d’affiches et kiosques • Salle Saint-Laurent

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18h30 à 19h30

 

Cocktail hommage et réseautage présenté par les entreprises de

 
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19h30

 

Souper libre

 

Vendredi 19 octobre

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8h30

 

Ouverture de la journée

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8h30 à 9h15

 

Invité spécial du colloque

Alain Barcelo → La gestion marine au sein du Parc national de Port-Cros, plus ancienne aire marine protégée de l'Union européenne

8h30 à 9h15

Résumé

Alain Barcelo1

1Service connaissance du patrimoine, Parc national de Port-Cros, Région Sud Provence Côte d’Azur, France

Le Parc national de Port-Cros a été créé en 1963. D’abord limités à la seule île de Port-Cros, ses cœurs terrestres et marins ont été étendus à l’île de Porquerolles en 2012, et son aire marine adjacente et son aire d’adhésion terrestre vont désormais de Toulon à Saint-Tropez (plus de 60 km de linéaire côtier). La gestion marine exercée au sein du Parc national, similaire à celle des autres aires marines protégées (AMP) françaises, s’appuie depuis 2015 sur une charte élaborée en concertation avec l’ensemble des partenaires du territoire. Le Parc national développe classiquement des actions d’accueil et de sensibilisation, de surveillance et de police, de recherche et de suivi, d’aménagement et de développement durable. 55 ans après la création de l’AMP, les résultats sont spectaculaires notamment en termes de diversité, densité et biomasse des poissons, et ces paramètres continuent encore à progresser. L’Effet-réserve s’exprime pleinement dans un espace où la pêche aux petits métiers, très encadrée, peut encore s’exercer. La co-gestion réalisée avec les usagers porte ses fruits et a très tôt permis d’émergence d’outils novateurs pour leur époque (sentier sous-marin, charte de pêche et de plongée, dispositifs d’ancrage écologique, etc.) aujourd’hui largement répandus dans les autres AMP.

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9h15 à 9h35

 
Roxanne Boquet → Estimation de la valeur non marchande des services rendus par les écosystèmes du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

9h15 à 9h35

Résumé

Roxane Boquet1 et Claude Rioux2

1Maîtrise en gestion des ressources maritimes, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2 Directeur de recherche, gestion des ressources maritimes, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

Les espaces naturels représentent une valeur certaine pour les sociétés. Cette dernière peut être traduite par les recettes de plusieurs activités comme le tourisme, par des prix implicites sur le marché immobilier, ou encore par le désir de protection environnementale. Les décisions des parties prenantes se fondent essentiellement sur la comparaison de ces valeurs avec des projets de développement économique. De nombreuses approches ont été développées afin d’attribuer une valeur monétaire à l’environnement. La méthode utilisée se fonde principalement sur le transfert de bénéfices appliqué via la présentation d’une méta-analyse. Au sein de ce transfert de bénéfices est inclus le transfert d’expertise réalisé par la méthode Delphi. La première étape consiste à déterminer les services écosystémiques que procure l’environnement étudié ; la seconde repose sur un système de pondération de ces services ; et la troisième attribue une valeur en dollar/hectare/année à chaque service. Unique au Québec, possédant une riche biodiversité, le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent est le site d’application de la méthode. L’étude estime la valeur non-marchande du PMSSL dans un intervalle compris entre 27,8 et 32,9 millions de dollars canadiens par an. En complément à l’article paru dans Le Naturaliste canadien (142, no2) les auteurs présentent une discussion plus détaillée sur la démarche utilisée.

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9h35 à 9h55

 
Véronik de la Chenelière → Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et la protection du béluga du Saint-Laurent

9h35 à 9h55

Résumé

Véronik de la Chenelière1 et Isabelle Gauthier1

1Direction générale de la gestion de la faune et des habitats, Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec (Qc)

 

 

Le Gouvernement du Québec a désigné dès 2000 le béluga du Saint-Laurent comme « espèce menacée » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (RLRQ, chapitre E-12.01), ce qui représente le statut le plus critique. À ce titre, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a entrepris diverses actions de rétablissement pour cette population. La présentation dressera le portrait des actions réalisées par le MFFP jusqu’à présent, en collaboration avec tous les acteurs concernés et en complémentarité avec celles relevant du gouvernement fédéral, afin de favoriser le rétablissement de cette population emblématique du Saint-Laurent. Ces actions incluent la cogestion du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent avec Parcs Canada et la Sépaq, les démarches afin d’assurer la protection légale de son habitat, la contribution à la création de nouvelles aires marines protégées et la participation à la concertation pour faciliter la conciliation des usages, notamment dans le contexte du déploiement de la Stratégie maritime du Québec.

 

 

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9h55 à 10h15

 
Sébastien Renard → Quel est l’état du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent ?

9h55 à 10h15

Résumé

Sébastien Renard1, Albuquerque C. 1, Beaufils P. 1, Conversano M. 1, Dionne S.2, Duquette S. 1,  Levesque L. 1, Ménard N. 1, Turgeon S. 1, Vis C.3.

1Parcs Canada. Parc Marin Saguenay – Saint-Laurent. Tadoussac (Qc)

2 Parcs Canada. Direction générale de l’établissement et de la conservation des aires protégées, Québec (Qc)

3 Parcs Canada. Direction générale de l’établissement et de la conservation des aires protégées, Gatineau (Qc)

Quel est l’état du parc ? Quels effets ont les mesures de gestion mise en place? Le Parc marin du Saguenay Saint Laurent devra répondre à ces deux grandes questions pour le prochain rapport sur l’état du parc prévu pour 2022. À cette fin, Parcs Canada et le Parc marin mettent en œuvre un programme de surveillance qui permettra d’évaluer l’état des écosystèmes et les changements observés, ainsi que de l’efficacité des mesures de gestion sur la viabilité écologique du parc.

Le programme de surveillance repose sur une série d’indicateurs permettant de représenter la biodiversité et les processus écosystémiques, ainsi que les activités humaines pouvant influencer les composantes des écosystèmes. Pour chaque indicateur, des mesures spécifiques ont été développées, notamment en se basant sur le rapport sur l’état du Parc marin de 2007. 19 mesures ont été identifiées pour évaluer la viabilité écologique et les changements observés dans le Parc marin, ainsi que les progrès réalisés dans la poursuite de nos objectifs de gestion. Chaque mesure fait l’objet de suivis et inventaires répétés permettant d’évaluer son état et sa tendance temporelle.

La mise à jour des mesures est en cours et nous présentons ici un aperçu des indicateurs et de certaines mesures de surveillance dont la population de Béluga du Saint Laurent (Delphinapterus laucas) et la pêche à l’oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis). La complétude du programme de surveillance permettra ultimement d’évaluer l’atteinte des objectifs de conservation des écosystèmes marins et de la diversité biologique du Parc marin, ainsi que d’assurer l’utilisation écologique durable du parc.

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10h15 à 10h30

 

Pause café

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10h30 à midi

 

Session d’échanges avec des partenaires et des usagers impliqués dans la conservation des richesses du Saint-Laurent

L'Alliance Éco-Baleine → Un modèle de concertation unique vers l’équilibre entre la protection des mammifères marins et le maintien de l'économie régionale

10h30 à 10h40

Résumé

Conférenciers : Jérôme Gouron, codirecteur du parc marin du Saguenay – Saint-Laurent et Loïc Hamel, Vice-président Exploitation chez Croisières AML, entreprise membre de l’Alliance Éco-Baleine

 

L'Alliance Verte → Un programme de certification environnementale pour aider à mieux concilier industrie maritime et protection de l’environnement

10h40 à 10h50

Résumé

Conférencière – Véronique Nolet, directrice du programme pour la région du Saint-Laurent

L’Alliance verte est un programme volontaire de certification environnementale pour l’industrie maritime nord-américaine. Fondé en 2007, le programme compte maintenant plus de 120 participants au Canada et aux États-Unis, partageant l’objectif commun de réduire leur empreinte environnementale. Des plus petites administrations portuaires aux plus grandes, en passant par les terminaux de vrac liquide, solide ou de conteneurs, les chantiers maritimes et les armateurs, tous font leur bout de chemin pour permettre un meilleur arrimage entre les activités maritimes et la préservation des écosystèmes. Sur le Saint-Laurent, l’Alliance verte travaille très étroitement avec les groupes environnementaux, les autorités gouvernementales et les acteurs de l’industrie pour tenter de réduire les impacts des activités de navigation sur les bélugas, les baleines noires, et les autres mammifères marins. Durant cette conférence seront expliqués les différents indicateurs de rendement du programme et les méthodes de travail utilisées pour une meilleure cohabitation entre navires et baleines.

 

Gaston Déry → Le rôle important des propriétaires terriens pour la mise en valeur du Saint-Laurent

10h50 à 11h00

Résumé

 

Conférencier : Gaston Déry, propriétaire de l’île aux Pommes

L’île-aux-Pommes, confortablement installée dans l’estuaire maritime du Saint-Laurent, borde les limites du Parc Marin St-Laurent-Saguenay et bénéficie depuis plus de 90 ans d’une protection et d’une mise en valeur par 4 générations de la famille Déry.  Ayant un statut de réserve naturelle en milieu privé à perpétuité, elle accueille une faune ailée diversifiée en période de migration et offre un site exceptionnel pour la reproduction notamment du canard eider avec plus de 3000 femelles en couvaison.

 

L’île constitue un laboratoire à ciel ouvert depuis des décennies pour la gent scientifique et de nombreuses études effectués par des chercheurs de renommée internationale contribuent ainsi à la connaissance essentielle à la protection. Cet engagement de la famille Déry pérennise la vocation environnementale de l’île, une façon complémentaire de l’approche de conservation pour son voisin, le Parc marin.

 

Le conférencier partagera une réflexion sur le rôle des propriétaires privés et l’importance de maintenir les activités, usages et humain sur une île voisine du Parc Marin, soit les activités compatibles avec la mission du Parc comme une reconnaissance par les autorités de l’engagement des familles insulaires à l’égard du Saint-Laurent.

 

ROMM → Implication de l’industrie maritime à la collecte de données sur les mammifères marins

11h00 à 11h10

Résumé

Conférencière : Sonia Giroux et Esther Blier du Réseau d’observation de mammifères marins

En 2015, Groupe Desgagnés et le Groupe CSL par sa division Canada Steamship Lines ont ouvert la voie à une collaboration exceptionnelle de l’industrie maritime dans la collecte de données sur les baleines. Le personnel navigant préalablement formé par les biologistes du ROMM à la prise de données et à l’identification des baleines récoltent des données directement sur les voies de navigation et souvent dans des secteurs et au cours de périodes de l’année où les efforts de collecte de données sont quasi inexistants, d’où leur grande pertinence. Elles permettent donc une meilleure connaissance de la fréquentation des mammifères marins dans l’Atlantique Nord-Ouest, incluant l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, tout en sensibilisant et informant les navigateurs sur la présence des baleines. L.’Alliance verte s’est jointe au projet afin de faciliter le maillage avec les armateurs et aider à élaborer des outils de formation adaptés et à étendre le programme à d’autres armateurs. En quelques années seulement, ce sont près de 1 700 données qui ont été collectées par les navires de Desgagnés et CSL et plus récemment par les traversiers de Trois-Pistoles – Les Escoumins (Compagnie de navigation des Basques) et de Matane – Baie-Comeau – Godbout (Société des traversiers du Québec). L’ajout d’autres joueurs majeurs en 2018 que sont la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, Oceanex, Algoma et Fednav laisse entrevoir un bel avenir au projet. Les données collectées sont diffusées publiquement sur le site de l’Observatoire global du Saint-Laurent au www.ogsl.ca.

 

 

Discussion animée par France Beaudoin

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midi à 13h30

 

Dîner buffet à l’hôtel Tadoussac • inclus dans l’inscription

Démontage des affiches et kiosques

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13h30 à 15h00

 

Forum sur les aires marines protégées • ouvert au grand public

Émilien Pelletier → Les aires marines protégées : Évolution récente et perspectives de développement

13h30 à 13h50

Résumé

Émilien Pelletier1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Les aires marines protégées (AMP) sont au cœur des efforts de conservation des écosystèmes marins entrepris au cours des quarante dernières années. Après un bref historique du développement du concept d’AMP, nous abordons les diverses approches qui ont été proposées pour classifier les AMP selon leurs objectifs de conservation, leurs usages et leurs caractéristiques géomorphologiques et océanographiques. Nous examinons ensuite trois exemples de développement de réseaux d’AMP : l’Australie, la Californie et le Canada. Les Australiens ont été des pionniers dans la mise en place des AMP dès le début des années 1970. Ensuite viennent les Californiens qui ont déployé des efforts de concertation exceptionnels pour parvenir à protéger adéquatement plus de 1 000 km de leurs côtes fortement développées. Plus récemment, les Canadiens ont commencé à travailler à la protection de leurs écosystèmes marins les plus fragiles, avec en tête l’échéance de 2020 pour la protection de 10 % de nos eaux marines. Une attention particulière est portée ici au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, présenté comme un cas unique de concertation entre les différents ordres de gouvernements et les intervenants du milieu. Les éléments clés du succès de l’implantation des AMP sont examinés en détail, et quelques leçons en sont tirées. Il y a urgence pour les pays post-industriels riches à pousser le développement de leurs réseaux d’AMP, mais aussi et surtout à apporter une contribution majeure et soutenue à l’aide internationale pour les pays en développement pour sauver des écosystèmes marins en péril, notamment le long des côtes africaines et asiatiques.

 

Alain Barcelo → L’exemple du Sanctuaire Pélagos en Méditerranée

13h50 à 14h10

Résumé

Alain Barcelo1

1Service connaissance du patrimoine, Parc national de Port-Cros, Région Sud Provence Côte d’Azur, France

Le Parc national de Port-Cros est animateur de la Partie française du Sanctuaire Pelagos, un Accord international signé en 1999 entre l’Italie, Monaco et la France, entré en vigueur en 2002. Grâce à des conditions hydrologiques particulières, cet espace maritime de 87 500 km² présente un habitat favorable à la présence de huit espèces de mammifères marins.
L’action du Sanctuaire repose sur trois axes principaux :
– la connaissance des mammifères marins et de l’impact des activités humaines sur leurs populations ;
– l’implication des acteurs de la mer pour la recherche de solutions visant à réduire les causes de perturbation ;
– la sensibilisation de tous les publics et la promotion de comportements respectueux.
Au niveau de la Partie française, une cinquantaine d’études utiles à la connaissance et à une gestion des populations présentes a été financée. L’implication des acteurs de la mer a notamment conduit à l’interdiction des filets dérivants de grande taille ; un outil collaboratif d’échanges de positions des grands mammifères, REPCET, permet aux navires de commerce équipés de réduire les risques de collisions ; la certification HQWW (High Quality Whale-Watching) a été créée puis choisie par une quinzaine d’opérateurs. Nous avons par ailleurs développé : une panoplie d’outils utiles (films, panneaux, dépliants, posters, marque-pages, etc.), le concept d’Ambassadeur Pelagos pour les plaisanciers souhaitant s’engager à réaliser des approches respectueuses, un catalogue des formations en ligne, une charte signée par plus de 35 communes littorales.
Les chantiers sont néanmoins encore vastes pour atteindre les objectifs fixés et les difficultés nombreuses alors que le Sanctuaire a déjà fêté ses 15 ans.

Présentation fédérale et provinciale → Les réalisations et les défis d’implantation d’une aire marine protégée.

14h10 à 14h30

Résumé

Conférenciers :

Véronik de la Chenelière, Biologiste, M.Sc., Direction de l’expertise sur la faune aquatique, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec (QC)

Anne Lagacé, directrice, Gestion des océans, Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (QC)

Laurent Jonart, gestionnaire de projet, Parc Tallurutiup Imanga, Parcs Canada

Discussion animée par France Beaudoin sur les enjeux à venir pour le Québec et le Canada. Quelles doivent être les contributions de la science et des communautés dans la protection du milieu marin? Comment arriver à rencontrer les objectifs de 2020? Quelles options s’offrent à nous dans un cadre de changements climatiques?

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15h00 à 15h15

 

Mot de la fin et clôture du colloque

Vendredi 19 octobre

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8h30

 

Ouverture de la journée

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8h30 à 9h15

 

Invité spécial du colloque

Alain Barcelo → La gestion marine au sein du Parc national de Port-Cros, plus ancienne aire marine protégée de l'Union européenne

8h30 à 9h15

Résumé

Alain Barcelo1

1Service connaissance du patrimoine, Parc national de Port-Cros, Région Sud Provence Côte d’Azur, France

Le Parc national de Port-Cros a été créé en 1963. D’abord limités à la seule île de Port-Cros, ses cœurs terrestres et marins ont été étendus à l’île de Porquerolles en 2012, et son aire marine adjacente et son aire d’adhésion terrestre vont désormais de Toulon à Saint-Tropez (plus de 60 km de linéaire côtier). La gestion marine exercée au sein du Parc national, similaire à celle des autres aires marines protégées (AMP) françaises, s’appuie depuis 2015 sur une charte élaborée en concertation avec l’ensemble des partenaires du territoire. Le Parc national développe classiquement des actions d’accueil et de sensibilisation, de surveillance et de police, de recherche et de suivi, d’aménagement et de développement durable. 55 ans après la création de l’AMP, les résultats sont spectaculaires notamment en termes de diversité, densité et biomasse des poissons, et ces paramètres continuent encore à progresser. L’Effet-réserve s’exprime pleinement dans un espace où la pêche aux petits métiers, très encadrée, peut encore s’exercer. La co-gestion réalisée avec les usagers porte ses fruits et a très tôt permis d’émergence d’outils novateurs pour leur époque (sentier sous-marin, charte de pêche et de plongée, dispositifs d’ancrage écologique, etc.) aujourd’hui largement répandus dans les autres AMP.

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9h15 à 9h35

 
Roxanne Boquet → Estimation de la valeur non marchande des services rendus par les écosystèmes du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

9h15 à 9h35

Résumé

Roxane Boquet1 et Claude Rioux2

1Maîtrise en gestion des ressources maritimes, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2 Directeur de recherche, gestion des ressources maritimes, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

Les espaces naturels représentent une valeur certaine pour les sociétés. Cette dernière peut être traduite par les recettes de plusieurs activités comme le tourisme, par des prix implicites sur le marché immobilier, ou encore par le désir de protection environnementale. Les décisions des parties prenantes se fondent essentiellement sur la comparaison de ces valeurs avec des projets de développement économique. De nombreuses approches ont été développées afin d’attribuer une valeur monétaire à l’environnement. La méthode utilisée se fonde principalement sur le transfert de bénéfices appliqué via la présentation d’une méta-analyse. Au sein de ce transfert de bénéfices est inclus le transfert d’expertise réalisé par la méthode Delphi. La première étape consiste à déterminer les services écosystémiques que procure l’environnement étudié ; la seconde repose sur un système de pondération de ces services ; et la troisième attribue une valeur en dollar/hectare/année à chaque service. Unique au Québec, possédant une riche biodiversité, le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent est le site d’application de la méthode. L’étude estime la valeur non-marchande du PMSSL dans un intervalle compris entre 27,8 et 32,9 millions de dollars canadiens par an. En complément à l’article paru dans Le Naturaliste canadien (142, no2) les auteurs présentent une discussion plus détaillée sur la démarche utilisée.

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9h35 à 9h55

 
Véronik de la Chenelière → Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et la protection du béluga du Saint-Laurent

9h35 à 9h55

Résumé

Véronik de la Chenelière1 et Isabelle Gauthier1

1Direction générale de la gestion de la faune et des habitats, Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec (Qc)

 

 

Le Gouvernement du Québec a désigné dès 2000 le béluga du Saint-Laurent comme « espèce menacée » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (RLRQ, chapitre E-12.01), ce qui représente le statut le plus critique. À ce titre, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a entrepris diverses actions de rétablissement pour cette population. La présentation dressera le portrait des actions réalisées par le MFFP jusqu’à présent, en collaboration avec tous les acteurs concernés et en complémentarité avec celles relevant du gouvernement fédéral, afin de favoriser le rétablissement de cette population emblématique du Saint-Laurent. Ces actions incluent la cogestion du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent avec Parcs Canada et la Sépaq, les démarches afin d’assurer la protection légale de son habitat, la contribution à la création de nouvelles aires marines protégées et la participation à la concertation pour faciliter la conciliation des usages, notamment dans le contexte du déploiement de la Stratégie maritime du Québec.

 

 

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9h55 à 10h15

 
Sébastien Renard → Quel est l’état du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent ?

9h55 à 10h15

Résumé

Sébastien Renard1, Albuquerque C. 1, Beaufils P. 1, Conversano M. 1, Dionne S.2, Duquette S. 1,  Levesque L. 1, Ménard N. 1, Turgeon S. 1, Vis C.3.

1Parcs Canada. Parc Marin Saguenay – Saint-Laurent. Tadoussac (Qc)

2 Parcs Canada. Direction générale de l’établissement et de la conservation des aires protégées, Québec (Qc)

3 Parcs Canada. Direction générale de l’établissement et de la conservation des aires protégées, Gatineau (Qc)

Quel est l’état du parc ? Quels effets ont les mesures de gestion mise en place? Le Parc marin du Saguenay Saint Laurent devra répondre à ces deux grandes questions pour le prochain rapport sur l’état du parc prévu pour 2022. À cette fin, Parcs Canada et le Parc marin mettent en œuvre un programme de surveillance qui permettra d’évaluer l’état des écosystèmes et les changements observés, ainsi que de l’efficacité des mesures de gestion sur la viabilité écologique du parc.

Le programme de surveillance repose sur une série d’indicateurs permettant de représenter la biodiversité et les processus écosystémiques, ainsi que les activités humaines pouvant influencer les composantes des écosystèmes. Pour chaque indicateur, des mesures spécifiques ont été développées, notamment en se basant sur le rapport sur l’état du Parc marin de 2007. 19 mesures ont été identifiées pour évaluer la viabilité écologique et les changements observés dans le Parc marin, ainsi que les progrès réalisés dans la poursuite de nos objectifs de gestion. Chaque mesure fait l’objet de suivis et inventaires répétés permettant d’évaluer son état et sa tendance temporelle.

La mise à jour des mesures est en cours et nous présentons ici un aperçu des indicateurs et de certaines mesures de surveillance dont la population de Béluga du Saint Laurent (Delphinapterus laucas) et la pêche à l’oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis). La complétude du programme de surveillance permettra ultimement d’évaluer l’atteinte des objectifs de conservation des écosystèmes marins et de la diversité biologique du Parc marin, ainsi que d’assurer l’utilisation écologique durable du parc.

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10h15 à 10h30

 

Pause café

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10h30 à midi

 

Session d’échanges avec des partenaires et des usagers impliqués dans la conservation des richesses du Saint-Laurent

L'Alliance Éco-Baleine → Un modèle de concertation unique vers l’équilibre entre la protection des mammifères marins et le maintien de l'économie régionale

10h30 à 10h40

Résumé

Conférenciers : Jérôme Gouron, codirecteur du parc marin du Saguenay – Saint-Laurent et Loïc Hamel, vice-président Exploitation chez Croisières AML, entreprise membre de l’Alliance Éco-Baleine

 

L'Alliance Verte → Un programme de certification environnementale pour aider à mieux concilier industrie maritime et protection de l’environnement

10h40 à 10h50

Résumé

Conférencière – Véronique Nolet, directrice du programme pour la région du Saint-Laurent

L’Alliance verte est un programme volontaire de certification environnementale pour l’industrie maritime nord-américaine. Fondé en 2007, le programme compte maintenant plus de 120 participants au Canada et aux États-Unis, partageant l’objectif commun de réduire leur empreinte environnementale. Des plus petites administrations portuaires aux plus grandes, en passant par les terminaux de vrac liquide, solide ou de conteneurs, les chantiers maritimes et les armateurs, tous font leur bout de chemin pour permettre un meilleur arrimage entre les activités maritimes et la préservation des écosystèmes. Sur le Saint-Laurent, l’Alliance verte travaille très étroitement avec les groupes environnementaux, les autorités gouvernementales et les acteurs de l’industrie pour tenter de réduire les impacts des activités de navigation sur les bélugas, les baleines noires, et les autres mammifères marins. Durant cette conférence seront expliqués les différents indicateurs de rendement du programme et les méthodes de travail utilisées pour une meilleure cohabitation entre navires et baleines.

 

Gaston Déry → Le rôle important des propriétaires terriens pour la mise en valeur du Saint-Laurent

10h50 à 11h00

Résumé

 

Conférencier : Gaston Déry, propriétaire de l’île aux Pommes

L’île-aux-Pommes, confortablement installée dans l’estuaire maritime du Saint-Laurent, borde les limites du Parc Marin St-Laurent-Saguenay et bénéficie depuis plus de 90 ans d’une protection et d’une mise en valeur par 4 générations de la famille Déry.  Ayant un statut de réserve naturelle en milieu privé à perpétuité, elle accueille une faune ailée diversifiée en période de migration et offre un site exceptionnel pour la reproduction notamment du canard eider avec plus de 3000 femelles en couvaison.

 

L’île constitue un laboratoire à ciel ouvert depuis des décennies pour la gent scientifique et de nombreuses études effectués par des chercheurs de renommée internationale contribuent ainsi à la connaissance essentielle à la protection. Cet engagement de la famille Déry pérennise la vocation environnementale de l’île, une façon complémentaire de l’approche de conservation pour son voisin, le Parc marin.

 

Le conférencier partagera une réflexion sur le rôle des propriétaires privés et l’importance de maintenir les activités, usages et humain sur une île voisine du Parc Marin, soit les activités compatibles avec la mission du Parc comme une reconnaissance par les autorités de l’engagement des familles insulaires à l’égard du Saint-Laurent.

 

ROMM → Implication de l’industrie maritime à la collecte de données sur les mammifères marins

11h00 à 11h10

Résumé

Conférencière : Sonia Giroux et Esther Blier du Réseau d’observation de mammifères marins

En 2015, Groupe Desgagnés et le Groupe CSL par sa division Canada Steamship Lines ont ouvert la voie à une collaboration exceptionnelle de l’industrie maritime dans la collecte de données sur les baleines. Le personnel navigant préalablement formé par les biologistes du ROMM à la prise de données et à l’identification des baleines récoltent des données directement sur les voies de navigation et souvent dans des secteurs et au cours de périodes de l’année où les efforts de collecte de données sont quasi inexistants, d’où leur grande pertinence. Elles permettent donc une meilleure connaissance de la fréquentation des mammifères marins dans l’Atlantique Nord-Ouest, incluant l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, tout en sensibilisant et informant les navigateurs sur la présence des baleines. L.’Alliance verte s’est jointe au projet afin de faciliter le maillage avec les armateurs et aider à élaborer des outils de formation adaptés et à étendre le programme à d’autres armateurs. En quelques années seulement, ce sont près de 1 700 données qui ont été collectées par les navires de Desgagnés et CSL et plus récemment par les traversiers de Trois-Pistoles – Les Escoumins (Compagnie de navigation des Basques) et de Matane – Baie-Comeau – Godbout (Société des traversiers du Québec). L’ajout d’autres joueurs majeurs en 2018 que sont la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, Oceanex, Algoma et Fednav laisse entrevoir un bel avenir au projet. Les données collectées sont diffusées publiquement sur le site de l’Observatoire global du Saint-Laurent au www.ogsl.ca.

 

 

Discussion animée par France Beaudoin

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8h30

 

 

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8h30 à 9h15

 

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9h15 à 9h35

 
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9h35 à 9h55

 
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9h55 à 10h15

 

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10h15 à 10h30

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10h30 à midi

 

Ouverture de la journée

Invité spécial du colloque

Alain Barcelo → La gestion marine au sein du Parc national de Port-Cros, plus ancienne aire marine protégée de l'Union européenne

8h30 à 9h15

Résumé

Alain Barcelo1

1Service connaissance du patrimoine, Parc national de Port-Cros, Région Sud Provence Côte d’Azur, France

Le Parc national de Port-Cros a été créé en 1963. D’abord limités à la seule île de Port-Cros, ses cœurs terrestres et marins ont été étendus à l’île de Porquerolles en 2012, et son aire marine adjacente et son aire d’adhésion terrestre vont désormais de Toulon à Saint-Tropez (plus de 60 km de linéaire côtier). La gestion marine exercée au sein du Parc national, similaire à celle des autres aires marines protégées (AMP) françaises, s’appuie depuis 2015 sur une charte élaborée en concertation avec l’ensemble des partenaires du territoire. Le Parc national développe classiquement des actions d’accueil et de sensibilisation, de surveillance et de police, de recherche et de suivi, d’aménagement et de développement durable. 55 ans après la création de l’AMP, les résultats sont spectaculaires notamment en termes de diversité, densité et biomasse des poissons, et ces paramètres continuent encore à progresser. L’Effet-réserve s’exprime pleinement dans un espace où la pêche aux petits métiers, très encadrée, peut encore s’exercer. La co-gestion réalisée avec les usagers porte ses fruits et a très tôt permis d’émergence d’outils novateurs pour leur époque (sentier sous-marin, charte de pêche et de plongée, dispositifs d’ancrage écologique, etc.) aujourd’hui largement répandus dans les autres AMP.

Roxanne Boquet → Estimation de la valeur non marchande des services rendus par les écosystèmes du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

9h15 à 9h35

Résumé

Roxane Boquet1 et Claude Rioux2

1Maîtrise en gestion des ressources maritimes, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

2 Directeur de recherche, gestion des ressources maritimes, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Rimouski (Qc)

Les espaces naturels représentent une valeur certaine pour les sociétés. Cette dernière peut être traduite par les recettes de plusieurs activités comme le tourisme, par des prix implicites sur le marché immobilier, ou encore par le désir de protection environnementale. Les décisions des parties prenantes se fondent essentiellement sur la comparaison de ces valeurs avec des projets de développement économique. De nombreuses approches ont été développées afin d’attribuer une valeur monétaire à l’environnement. La méthode utilisée se fonde principalement sur le transfert de bénéfices appliqué via la présentation d’une méta-analyse. Au sein de ce transfert de bénéfices est inclus le transfert d’expertise réalisé par la méthode Delphi. La première étape consiste à déterminer les services écosystémiques que procure l’environnement étudié ; la seconde repose sur un système de pondération de ces services ; et la troisième attribue une valeur en dollar/hectare/année à chaque service. Unique au Québec, possédant une riche biodiversité, le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent est le site d’application de la méthode. L’étude estime la valeur non-marchande du PMSSL dans un intervalle compris entre 27,8 et 32,9 millions de dollars canadiens par an. En complément à l’article paru dans Le Naturaliste canadien (142, no2) les auteurs présentent une discussion plus détaillée sur la démarche utilisée.

Véronik de la Chenelière → Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et la protection du béluga du Saint-Laurent

9h35 à 9h55

Résumé

Véronik de la Chenelière1 et Isabelle Gauthier1

1Direction générale de la gestion de la faune et des habitats, Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec (Qc)

 

 

Le Gouvernement du Québec a désigné dès 2000 le béluga du Saint-Laurent comme « espèce menacée » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (RLRQ, chapitre E-12.01), ce qui représente le statut le plus critique. À ce titre, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a entrepris diverses actions de rétablissement pour cette population. La présentation dressera le portrait des actions réalisées par le MFFP jusqu’à présent, en collaboration avec tous les acteurs concernés et en complémentarité avec celles relevant du gouvernement fédéral, afin de favoriser le rétablissement de cette population emblématique du Saint-Laurent. Ces actions incluent la cogestion du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent avec Parcs Canada et la Sépaq, les démarches afin d’assurer la protection légale de son habitat, la contribution à la création de nouvelles aires marines protégées et la participation à la concertation pour faciliter la conciliation des usages, notamment dans le contexte du déploiement de la Stratégie maritime du Québec.

 

 

Sébastien Renard → Quel est l’état du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent ?

9h55 à 10h15

Résumé

Sébastien Renard1, Albuquerque C. 1, Beaufils P. 1, Conversano M. 1, Dionne S.2, Duquette S. 1,  Levesque L. 1, Ménard N. 1, Turgeon S. 1, Vis C.3.

1Parcs Canada. Parc Marin Saguenay – Saint-Laurent. Tadoussac (Qc)

2 Parcs Canada. Direction générale de l’établissement et de la conservation des aires protégées, Québec (Qc)

3 Parcs Canada. Direction générale de l’établissement et de la conservation des aires protégées, Gatineau (Qc)

Quel est l’état du parc ? Quels effets ont les mesures de gestion mise en place? Le Parc marin du Saguenay Saint Laurent devra répondre à ces deux grandes questions pour le prochain rapport sur l’état du parc prévu pour 2022. À cette fin, Parcs Canada et le Parc marin mettent en œuvre un programme de surveillance qui permettra d’évaluer l’état des écosystèmes et les changements observés, ainsi que de l’efficacité des mesures de gestion sur la viabilité écologique du parc.

Le programme de surveillance repose sur une série d’indicateurs permettant de représenter la biodiversité et les processus écosystémiques, ainsi que les activités humaines pouvant influencer les composantes des écosystèmes. Pour chaque indicateur, des mesures spécifiques ont été développées, notamment en se basant sur le rapport sur l’état du Parc marin de 2007. 19 mesures ont été identifiées pour évaluer la viabilité écologique et les changements observés dans le Parc marin, ainsi que les progrès réalisés dans la poursuite de nos objectifs de gestion. Chaque mesure fait l’objet de suivis et inventaires répétés permettant d’évaluer son état et sa tendance temporelle.

La mise à jour des mesures est en cours et nous présentons ici un aperçu des indicateurs et de certaines mesures de surveillance dont la population de Béluga du Saint Laurent (Delphinapterus laucas) et la pêche à l’oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis). La complétude du programme de surveillance permettra ultimement d’évaluer l’atteinte des objectifs de conservation des écosystèmes marins et de la diversité biologique du Parc marin, ainsi que d’assurer l’utilisation écologique durable du parc.

Pause café

Session d’échanges avec des partenaires et des usagers impliqués dans la conservation des richesses du Saint-Laurent

L'Alliance Éco-Baleine → Un modèle de concertation unique vers l’équilibre entre la protection des mammifères marins et le maintien de l'économie régionale

10h30 à 10h40

Résumé

Conférenciers : Jérôme Gouron, codirecteur du parc marin du Saguenay – Saint-Laurent à la Sépaq et Loïc Hamel, vice-président Exploitation chez Croisières AML, entreprise membre de l’Alliance Éco-Baleine

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est un des meilleurs endroits au monde pour observer les baleines. En reconnaissance de la valeur exceptionnelle de ce joyau et parallèlement, de l’importance d’une industrie aux retombées économiques majeures pour les régions limitrophes, des propriétaires d’entreprises d’excursion détenteurs de permis d’opération dans le parc marin, Parcs Canada, la Sépaq et le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) se sont unis pour développer la pratique responsable et durable des activités d’observation de baleines dans le parc marin en fondant un modèle de concertation unique, L’Alliance Éco-Baleine.

La sensibilité des visiteurs aux impacts des activités touristiques d’observation de la faune est de plus en plus grande à travers le monde. La Vague Verte se fait sentir à plusieurs égards bien que l’intérêt pour l’observation des baleines dans le monde soit toujours de plus en plus populaire. La pression est forte sur les espèces. Certaines destinations « baleines » choisissent de se positionner afin de tout mettre en œuvre pour concilier les activités d’une l’Industrie aux retombées indéniables et la conservation des milieux naturels dans lesquels elle évolue. Au parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, nous avons fait ce choix. Ainsi, une alliance entre les instances vouées à la protection du territoire, les équipes de recherche et l’Industrie des excursions a vu le jour en 2011. Regard sur les défis et les enjeux d’une table qui regroupe des acteurs aux réalités bien différentes, mais qui s’unissent volontairement dans un objectif commun de survie!

L'Alliance Verte → Un programme de certification environnementale pour aider à mieux concilier industrie maritime et protection de l’environnement

10h40 à 10h50

Résumé

Conférencière – Véronique Nolet, directrice du programme pour la région du Saint-Laurent

L’Alliance verte est un programme volontaire de certification environnementale pour l’industrie maritime nord-américaine. Fondé en 2007, le programme compte maintenant plus de 120 participants au Canada et aux États-Unis, partageant l’objectif commun de réduire leur empreinte environnementale. Des plus petites administrations portuaires aux plus grandes, en passant par les terminaux de vrac liquide, solide ou de conteneurs, les chantiers maritimes et les armateurs, tous font leur bout de chemin pour permettre un meilleur arrimage entre les activités maritimes et la préservation des écosystèmes. Sur le Saint-Laurent, l’Alliance verte travaille très étroitement avec les groupes environnementaux, les autorités gouvernementales et les acteurs de l’industrie pour tenter de réduire les impacts des activités de navigation sur les bélugas, les baleines noires, et les autres mammifères marins. Durant cette conférence seront expliqués les différents indicateurs de rendement du programme et les méthodes de travail utilisées pour une meilleure cohabitation entre navires et baleines.

 

Gaston Déry → Le rôle important des propriétaires terriens pour la mise en valeur du Saint-Laurent

10h50 à 11h00

Résumé

 

Conférencier : Gaston Déry, propriétaire de l’île aux Pommes

L’île-aux-Pommes, confortablement installée dans l’estuaire maritime du Saint-Laurent, borde les limites du Parc Marin St-Laurent-Saguenay et bénéficie depuis plus de 90 ans d’une protection et d’une mise en valeur par 4 générations de la famille Déry.  Ayant un statut de réserve naturelle en milieu privé à perpétuité, elle accueille une faune ailée diversifiée en période de migration et offre un site exceptionnel pour la reproduction notamment du canard eider avec plus de 3000 femelles en couvaison.

 

L’île constitue un laboratoire à ciel ouvert depuis des décennies pour la gent scientifique et de nombreuses études effectués par des chercheurs de renommée internationale contribuent ainsi à la connaissance essentielle à la protection. Cet engagement de la famille Déry pérennise la vocation environnementale de l’île, une façon complémentaire de l’approche de conservation pour son voisin, le Parc marin.

 

Le conférencier partagera une réflexion sur le rôle des propriétaires privés et l’importance de maintenir les activités, usages et humain sur une île voisine du Parc Marin, soit les activités compatibles avec la mission du Parc comme une reconnaissance par les autorités de l’engagement des familles insulaires à l’égard du Saint-Laurent.

 

ROMM → Implication de l’industrie maritime à la collecte de données sur les mammifères marins

11h00 à 11h10

Résumé

Conférencière : Sonia Giroux et Esther Blier du Réseau d’observation de mammifères marins

En 2015, Groupe Desgagnés et le Groupe CSL par sa division Canada Steamship Lines ont ouvert la voie à une collaboration exceptionnelle de l’industrie maritime dans la collecte de données sur les baleines. Le personnel navigant préalablement formé par les biologistes du ROMM à la prise de données et à l’identification des baleines récoltent des données directement sur les voies de navigation et souvent dans des secteurs et au cours de périodes de l’année où les efforts de collecte de données sont quasi inexistants, d’où leur grande pertinence. Elles permettent donc une meilleure connaissance de la fréquentation des mammifères marins dans l’Atlantique Nord-Ouest, incluant l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, tout en sensibilisant et informant les navigateurs sur la présence des baleines. L.’Alliance verte s’est jointe au projet afin de faciliter le maillage avec les armateurs et aider à élaborer des outils de formation adaptés et à étendre le programme à d’autres armateurs. En quelques années seulement, ce sont près de 1 700 données qui ont été collectées par les navires de Desgagnés et CSL et plus récemment par les traversiers de Trois-Pistoles – Les Escoumins (Compagnie de navigation des Basques) et de Matane – Baie-Comeau – Godbout (Société des traversiers du Québec). L’ajout d’autres joueurs majeurs en 2018 que sont la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, Oceanex, Algoma et Fednav laisse entrevoir un bel avenir au projet. Les données collectées sont diffusées publiquement sur le site de l’Observatoire global du Saint-Laurent au www.ogsl.ca.

 

 

Discussion animée par France Beaudoin

Discussion animée par France Beaudoin

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midi à 13h30

 

Dîner buffet à l’hôtel Tadoussac • inclus dans l’inscription

Démontage des affiches et kiosques

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13h30 à 15h00

 

Forum sur les aires marines protégées • ouvert au grand public

Émilien Pelletier → Les aires marines protégées : Évolution récente et perspectives de développement

13h30 à 13h50

Résumé

Émilien Pelletier1

1Institut des sciences de la mer, Université du Québec à Rimouski, Rimouski (Qc)

Les aires marines protégées (AMP) sont au cœur des efforts de conservation des écosystèmes marins entrepris au cours des quarante dernières années. Après un bref historique du développement du concept d’AMP, nous abordons les diverses approches qui ont été proposées pour classifier les AMP selon leurs objectifs de conservation, leurs usages et leurs caractéristiques géomorphologiques et océanographiques. Nous examinons ensuite trois exemples de développement de réseaux d’AMP : l’Australie, la Californie et le Canada. Les Australiens ont été des pionniers dans la mise en place des AMP dès le début des années 1970. Ensuite viennent les Californiens qui ont déployé des efforts de concertation exceptionnels pour parvenir à protéger adéquatement plus de 1 000 km de leurs côtes fortement développées. Plus récemment, les Canadiens ont commencé à travailler à la protection de leurs écosystèmes marins les plus fragiles, avec en tête l’échéance de 2020 pour la protection de 10 % de nos eaux marines. Une attention particulière est portée ici au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, présenté comme un cas unique de concertation entre les différents ordres de gouvernements et les intervenants du milieu. Les éléments clés du succès de l’implantation des AMP sont examinés en détail, et quelques leçons en sont tirées. Il y a urgence pour les pays post-industriels riches à pousser le développement de leurs réseaux d’AMP, mais aussi et surtout à apporter une contribution majeure et soutenue à l’aide internationale pour les pays en développement pour sauver des écosystèmes marins en péril, notamment le long des côtes africaines et asiatiques.

 

Alain Barcelo → L’exemple du Sanctuaire Pélagos en Méditerranée

13h50 à 14h10

Résumé

Alain Barcelo1

1Service connaissance du patrimoine, Parc national de Port-Cros, Région Sud Provence Côte d’Azur, France

Le Parc national de Port-Cros est animateur de la Partie française du Sanctuaire Pelagos, un Accord international signé en 1999 entre l’Italie, Monaco et la France, entré en vigueur en 2002. Grâce à des conditions hydrologiques particulières, cet espace maritime de 87 500 km² présente un habitat favorable à la présence de huit espèces de mammifères marins.
L’action du Sanctuaire repose sur trois axes principaux :
– la connaissance des mammifères marins et de l’impact des activités humaines sur leurs populations ;
– l’implication des acteurs de la mer pour la recherche de solutions visant à réduire les causes de perturbation ;
– la sensibilisation de tous les publics et la promotion de comportements respectueux.
Au niveau de la Partie française, une cinquantaine d’études utiles à la connaissance et à une gestion des populations présentes a été financée. L’implication des acteurs de la mer a notamment conduit à l’interdiction des filets dérivants de grande taille ; un outil collaboratif d’échanges de positions des grands mammifères, REPCET, permet aux navires de commerce équipés de réduire les risques de collisions ; la certification HQWW (High Quality Whale-Watching) a été créée puis choisie par une quinzaine d’opérateurs. Nous avons par ailleurs développé : une panoplie d’outils utiles (films, panneaux, dépliants, posters, marque-pages, etc.), le concept d’Ambassadeur Pelagos pour les plaisanciers souhaitant s’engager à réaliser des approches respectueuses, un catalogue des formations en ligne, une charte signée par plus de 35 communes littorales.
Les chantiers sont néanmoins encore vastes pour atteindre les objectifs fixés et les difficultés nombreuses alors que le Sanctuaire a déjà fêté ses 15 ans.

Présentation fédérale et provinciale → Les réalisations et les défis d’implantation d’une aire marine protégée.

14h10 à 14h30

Résumé

Conférenciers : 

Véronik de la Chenelière, Biologiste, M.Sc., Direction de l’expertise sur la faune aquatique, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec (QC)

Anne Lagacé, directrice, Gestion des océans, Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (QC)

Laurent Jonart, gestionnaire de projet, Parc Tallurutiup Imanga, Parcs Canada

Discussion animée par France Beaudoin sur les enjeux à venir pour le Québec et le Canada. Quelles doivent être les contributions de la science et des communautés dans la protection du milieu marin? Comment arriver à rencontrer les objectifs de 2020? Quelles options s’offrent à nous dans un cadre de changements climatiques?

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15h00 à 15h15

 

Mot de la fin et clôture du colloque

©2018 | Colloque du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent |

Tous droits réservés.

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